Doyenné de Couvin

Parc Saint Roch - Historique

De 1730 à 1830, ce site a profité du formidable engouement pour le fer, pour se créer, en parfaite autonomie, un métier de niche, à savoir entre autres la fabrication des câbles d'acier pour la marine. Le minerais de fer était exploité dans des carrières à ciel ouvert, toujours présentes aujourd'hui, et l'eau Noire qui traverse la propriété sur 2 kilomètres, assurait la réserve d'énergie pour actionner les moulins et les marteaux, grâce aux étangs et barrages conçus à cet effet. L'importante forêt entourant la propriété assurant le combustible de charbon de bois. L'ensemble du territoire couvinois était ainsi déboisé, et il fallut chercher le combustible de plus en plus loin. Un soucis n'arrivant jamais seul, les malheurs s'accumulèrent : la fabrique de câble St Roch, dont le principal client à la fin , était Guillaume d'Orange, perdu ce dernier à l'indépendance de la Belgique, sans pour autant se reconvertir. Mais surtout , après la découverte de gisements de houille dans les bassins de Liège et Charlerwé, Messieurs Bonehill et Cockerill venaient d'arriver de leur belle Angleterre, avec un procédé qui allait être une vraie révolution, le haut fourneau. Houille, cours d'eau navigable et haut fourneau, allaient sonner le glas pour tous les fondeurs de l'entre Sambre-et-Meuse. L'ère industrielle du site étant définitivement révolue, la famille de Villermont devînt propriétaire des lieux, comme maison d'habitation principale pour cette famille nombreuse. On démolît bien entendu une grosse partie du site industriel. Aux bureaux, on adjoint une tourelle pour devenir un semblant de château, on construisit des serres, on aménagea un parc, même un monastère de Capucins fût élevé, comme un peu partout d'ailleurs au début du 20 ème s., suite à la loi Combe. La famille de Villermont naviguait ainsi entre ses différentes propriétés de Couvin, Nismes, Ermeton et Boussu-en-Fagnes. Seul ce dernier site est toujours habité par la famille. Suite à la dernière indivision du domaine, ce dernier échu entre les mains des 3 filles célibataires. Très vite, ces dernières ne purent faire face à la réalité de pareil domaine, et les dissensions familiales eurent raison de la fin. Le domaine changea de main à nouveau au lendemain de la 1 ère guerre mondiale. Ce fut au tour de la famille HUART, qui rapidement investit dans l'immeuble principal, pour lui donner une affection d'hôtel-restaurant. Cela devint pendant près de 50 ans, le Grand Hotel Saint Roch. Les propriétaires n'habitaient plus sur place. Le domaine était alors devenu villégiature : chasse, pêche, coupe de bois, course de chevaux,….Les 50 années d'exploitation allaient de pair avec le renouveau économique de la région. La poëlerie en effet avait connu un essor fantastique avec les marques Efel, Martin, Saint-Roch…et par après les raquettes Donnay. L'hôtel marchait à plein rendement. De plus les service-club y tenaient leurs réunions, et les nombreuses sociétés de chasses s'y retrouvaient. Malheureusement, milieu des années 70, toutes ces industries disparurent, et l'hôtel suivit. Depuis ce moment le domaine n'a plus eu d'affectation et est tombé à l'abandon, l'indivision de l'époque, ne favorisant pas non plus d'autres projets de reconversion. En 1992, mon père, Jean-Pierre ROISIN tomba sous le charme des lieux. Il ne put en profiter longtemps, car malheureusement, il fut frappé d'un A.V.C. en 1996, et décéda 5 ans plus tard. A nouveau le problème d'indivision se posa, et un délai de 3 ans me fût accordé par la famille pour trouver les fonds nécessaires au rachat. Le défi était même plus important, car il fallait également trouver les fonds pour réhabiliter les lieux. En 2004, la mutation était faîte et les premiers travaux d'aménagement débutèrent. En août 2006, nous ouvrions les portes aux séminaires et mariages. Ce début d'activité permet de faire découvrir la magie du lieu retrouvé, et de financer en partie la maintenance du site.