Marguerite de Saint-Marceaux (1850-1930) — Née Lucie Marguerite Jourdain, issue de la grande bourgeoisie, surnommée Meg, elle a épousé successivement le peintre Eugène Baugnies et le sculpteur René de Saint-Marceaux (1892). Artiste du chant et du piano, elle tint, à compter de 1850, un des plus importants salons de son époque, tout d'abord dans un petit appartement du Faubourg Saint-Honoré, au 100, boulevard Malesherbe, à Paris, puis dans un hôtel de la plaine Monceau où elle rassemblera des artistes, des musiciens, des plasticiens et des hommes de lettres. C'était un salon artistico-mondain, propre à la grande bourgeoisie du XIXe siècle où l'on venait s'entretenir de musique, de peinture et de littérature.

Selon toute évidence, le salon Verdurin dont parle Marcel Proust dans son oeuvre est inspiré du milieu qui gravitait autour de Mme Saint-Marceaux. Cadre atypique où l'on verra débuter la jeune danseuse Isadora Duncan, accompagnée au piano par Maurice Ravel.

Le carnet d'invités comptait la romancière Colette et son premier mari Henri Gauthier-Villars dit Willy; Gabriel Fauré, André Messager, le prince et la princesse Edmond de Polignac, Edouard Risler, Bagès, Pierre de Breville, Emma Calvé, Emmanuel Chabrier, André Messager, Florent Schmitt, Esnest Chausson, Louis de Serres, Ricardo Vinès, Giovanni Boldini, Jean Béraud, Edmond Arman-Jean, Claude Debussy, Francis Poulenc, Marcel Proust, Jacques-Émile Blanche, Alexandre Dumas fils, Gabriele d'Annuzio.

Ces soirées attirèrent un tel gotha durant une cinquantaine d'années. Les participants était représentatifs des milieux artistiques de la Plaine Monceau au tournant du siècle.



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