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PHARMACOLOGIE

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Prise de vue

Dans son sens le plus restreint, la pharmacologie est la science des médicaments. Mais une telle définition ne peut actuellement satisfaire un pharmacologue, car la différence entre médicament, poison et substance jouant un rôle hormonal ou neurohumoral n'est pas claire et dépend souvent de la dose utilisée et de l'orientation de la recherche. En revanche, la définition proposée par T. Sollmann apparaît beaucoup plus satisfaisante ; elle confère, en outre, à cette discipline une valeur de science fondamentale : la pharmacologie est la science qui étudie les effets du milieu chimique environnant sur la matière vivante. De ce milieu chimique, sont exclus les corps qui participent au métabolisme cellulaire et qui, de ce fait, sont l'objet de la biochimie. Toute substance capable de perturber les mécanismes physiologiques est une drogue ; les médicaments sont des drogues employées à des fins thérapeutiques. Par suite, la pharmacologie se trouve au carrefour de la physiologie, de la biochimie, de la biophysique et de la physiopathologie. Seuls la nature d'un certain nombre de problèmes, la façon de les envisager et l'élaboration de concepts la différencient et lui confèrent son individualité.

Pour expliquer le mécanisme d'action des médicaments, la pharmacologie doit s'intéresser aux phénomènes se produisant au niveau moléculaire et suivre les progrès de la biochimie et de la biologie moléculaire. Elle deviendrait alors « la science des interactions des molécules chimiques avec la matière vivante ». Dans cet esprit, le terme de pharmacologie moléculaire apparaît dans les ouvrages, les revues et les congrès de pharmacologie. La définition et les limites de cette science restent cependant encore imprécises.

Les branches de la pharmacologie

Il est donc d'usage de rappeler que la pharmacologie se divise en six parties : –

  • La pharmacognosie étudie les sources des drogues naturelles et leurs principes actifs. Elle aide à reconnaître ces dernières selon des critères botaniques ou physicochimiques. Anciennement appelée « matière médicale », la pharmacognosie joue le rôle d'intermédiaire entre la chimie, la botanique et la pharmacodynamie.
  • La pharmacodynamie s'intéresse aux perturbations physiologiques provoquées par les drogues sur l'organisme sain ou malade (pathopharmacodynamie). Branche la plus active, la plus vivante et la plus riche de la pharmacologie, elle tend à l'heure actuelle à expliquer l'action exercée par les drogues, en relation avec des perturbations de mécanismes biochimiques ou biophysiques.
  • La pharmacocinétique étudie la destinée des substances chimiques dans l'organisme : absorption, liaison aux protéines plasmatiques, distribution, métabolisme, excrétion. Son importance fut pressentie par Otto Schmiedeberg au xixe siècle ; ses lois ont été énoncées en 1937 par T. Theorell. L'émergence de cette sous-discipline est la conséquence de l'évolution rapide des méthodes d'analyse chimique. Les applications pratiques de la pharmacocinétique sont très importantes pour la poursuite d'un traitement. Elles visent à obtenir des concentrations plasmatiques efficaces et inférieures aux concentrations toxiques. La pharmacocinétique conditionne les doses d'attaque, les doses d'entretien, la fréquence des administrations. Le dosage des médicaments dans le sang permet la surveillance du traitement. La demi-vie biologique d'une substance est le temps au bout duquel ne reste dans l'organisme que 50 % de la dose administrée. C'est la durée généralement prise en compte pour une réadministration.
  • La toxicologie a pour but d'étudier les effets nocifs des drogues, conséquences de leurs propriétés pharmacologiques. Ces effets se manifestent lorsque la drogue possède des actions indésirables, mais inséparables de son effet thérapeutique, ou qu'un dosage trop élevé a été employé, ou qu'un individu se révèle particulièrement sensible à l'une d'entre elles, ou encore qu'apparaissent des propriétés pharmacologiques inhabituelles. Parfois la drogue, en s'unissant à des protéines du sang, suscite la formation d'anticorps, et provoque lors d'une administration ultérieure des réactions allergiques. Ce conflit antigène-anticorps trouve de plus en plus son explication dans l'immunologie. Parfois encore la drogue déclenche l'apparition de maladies évoluant pour leur propre compte même après l'arrêt de la médication : néphrose lipoïdique causée par la triméthadione, lupus érythémateux dû aux hydralazines, hépatite, néphrite, etc.
  • La pharmacie étudie les formes d'administration des médicaments chez l'homme. Actuellement, elle a encore une importance majeure, mais avec l'avènement des spécialités elle est passée de l'âge artisanal à l'âge industriel. La pharmacie comporte une branche importante : l'étude de la biodisponibilité. On désigne par ce terme la fraction absorbée de la drogue présente dans une forme pharmaceutique ; suivant la composition de cette forme, elle peut varier considérablement.
  • La pharmacothérapie, qui représente aujourd'hui au moins 80 % de la thérapeutique, est l'application des drogues au traitement des maladies humaines. La chimiothérapie est une partie spéciale de la pharmacologie en ce sens qu'elle vise à perturber une chaîne métabolique spécifique du micro-organisme, sans entraîner de troubles chez l'hôte infecté par cet agent pathogène.

La découverte d'un nouveau médicament dépend de la voie de recherche adoptée. On peut partir d'une approche pharmacodynamique : en présence d'une maladie donnée, on cherche à déterminer, par la théorie, quels sont les corps chimiques capables de modifier, dans le sens bénéfique, un chaînon physiologique ou physiopathologique. Une deuxième méthode consiste à prendre un point de départ chimique : dans ce cas, on synthétise toutes les molécules possibles dans une série de corps peu étudiée jusque-là, puis on les soumet à un tamisage (screening) pour rechercher systématiquement toutes leurs propriétés pharmacologiques. Une troisième méthode consiste à isoler le principe actif d'une plante ou d'un organe animal, à l'identifier et à essayer de le reproduire par synthèse.

La pharmacologie est également d'un emploi fréquent en art vétérinaire et dans la lutte biologique (cf. lutte biologique).

La pharmacologie des origines à nos jours

Selon Auguste Comte, on ne connaît bien une science que si on peut en tracer l'histoire ; on essayera donc de brosser un rapide historique de la pharmacologie.

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