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Une politique économique thanatophorique



Une politique économique thanatophorique dans une Europe  déshumanisée 

  

Claude Kessler (décembre 2019)



Une politique économique qui met en souffrance toute une société, rendant sa population malade et augmentant le taux de suicides, ceci pour l'enrichissement d'une faible minorité, mérite qu'on s'y arrête. 

 

Première Partie


Faut-il laisser aux seuls comités d'éthique et aux philosophes le soin de décider s'il est moins criminel de mettre une population en souffrance tout en sachant qu'une telle politique va augmenter de façon importante le nombre de suicides, et même pousser au suicide des personnes qui n'y auraient pas songé autrement, que d'enfermer des êtres, malgré tout humains, dans une chambre à gaz pour les éliminer ou leur tirer une balle dans la nuque ? La politique d'austérité que les institutions européennes et le Fonds Monétaire International ont imposée à la Grèce ces dernières années et qui a été supportée, sur injonction des mêmes, par les petites gens et non les grosses fortunes, a eu des effets dévastateurs sur la population et le fonctionnement de la société grecque dans son ensemble. Ce qui n'empêche pas l'Union européenne de vouloir imposer cette politique manifestement thanatophorique à d'autres pays, dont la France. De nombreux Français ont ainsi été amenés à manifester dans la rue leur opposition à des projets qui vont inévitablement les appauvrir. De même les syndicats, avec un peu de retard il est vrai, ont fini par organiser des grèves en cette fin d'année 2019. La seule réponse du pouvoir a été une violente répression militaro-policière faisant des dizaines de mutilés et des centaines de blessés. De là, une autre question s'impose, même si elle ne semble d'abord être que pure provocation : le pouvoir, après avoir supprimé les camps de concentration, va-t-il enfermer toute l'Europe derrière des barbelés ?

L'Union européenne a indubitablement quelque chose du monde d'Orwell ou de celui d'Eichmann, monde impersonnel et déshumanisé, avec de surcroît la novlangue adaptée. Peut-on reprendre, pour décrire ceux qui sont à la barre de cette organisation supranationale morbide, ce que Hannah Arendt a écrit au sujet  d'Eichmann ? Sans doute. Arendt nous présente le criminel allemand comme n'étant ni un malade mental, ni un monstre, ni même un fanatique de l'idéologie nazie ou un antisémite. Pour elle, Eichmann était un homme ordinaire, incapable d'une pensée personnelle, se contentant d'obéir. Ce qui n'a pas empêché celui qui avait organisé la déportation des Juifs vers les camps d'extermination d'être pendu à l'issue de son procès. Mais à qui obéissent ceux qui imposent aux pays membres de l'Union Européenne une politique dont on sait parfaitement qu'elle va vouer à la mort les plus fragiles, même si ce n'est pas là le but recherché ? À l'Allemagne qui est la première puissance économique d'Europe et qui prendrait bien sa revanche sur 1 945 ? Une Allemagne toujours nostalgique du Saint-Empire romain germanique ? Aux États-Unis qui veulent imposer leur modèle économique et sociétal à toute la Planète ? Ou plus simplement au Dieu d'argent, au Veau d'or se confondant avec les principes abstraits de l'économie libérale ?

Même si nous partons de l'hypothèse que les effets délétères et les morts résultant des directives de la Commission européenne ne sont pas expressément voulus, qu'ils sont une sorte de dommage collatéral, qu'est-ce qui peut justifier qu'une telle entreprise perdure ? Question sans doute absurde car elle n'aurait sans doute pas d'autre réponse qu'une justification construite sur le modèle d'un Hitler justifiant sa politique d'extermination par la nécessité de préserver la race aryenne. De nos jours la justification mise en avant est la nécessité de maintenir le déficit public à moins de 3 %. Combien de morts et de vies détruites dans toute l'Europe pour un déficit public à moins de 3 % ? Tout cela a quelque chose de monstrueux, aussi monstrueux que les chambres à gaz, même si nous n'en sommes pas encore à 6 millions de morts. D'autant plus qu'il y a d'autres moyens de réduire les déséquilibres budgétaires que de spolier les travailleurs et les retraités tout en faisant des cadeaux pharaoniques aux plus riches. Sans parler d'une classe politique qui puise sans aucun scrupule dans les caisses de l'État.

Les idéologues du libéralisme voudraient nous faire croire que la sélection par l'argent relève de la sélection naturelle : les pauvres périraient de la malnutrition, du manque de soins, de la souffrance psychologique qui accompagne la misère, etc. comme périssent les animaux sauvages dans la savane. Selon ce même modèle, il serait conforme aux lois la nature que les Gros (revenus) prédatent les Petits et que les plus forts tuent ou réduisent en esclavage les plus faibles. C'est sur cette base, connue sous le nom de darwinisme social, qu'ont été conçus la surexploitation des travailleurs, la colonisation, l'esclavage, quelques génocides ou massacres de masse, et évidemment l'assassinat des plus fragiles sous le prétexte d'euthanasie (la mort douce).

Avant d'être considérées comme conformes aux lois de la nature, à une époque où pauvreté signifiait esclavage et servitude, les inégalités sociales étaient pensées comme étant l'expression de la volonté divine. On cite souvent Saint Jean Chrysostome prêchant que "l'esclave doit se résigner à son sort et, qu'en obéissant à son maître, (il) obéit à Dieu", ou Saint Ambroise professant que "la servitude est un don divin"(1). D'abord "grâce divine", passeport pour le paradis, la pauvreté a fini par être interprétée comme étant comme un châtiment envoyé du ciel. Ce n'est qu'à la fin du 18e siècle qu'elle sera considérée comme un fait social, une création de la société, avec la volonté de certains (Paine en Angleterre, Condorcet en France) de l'éradiquer. Ce qui se passe depuis 10 ans en Europe illustre parfaitement cette dernière thèse

Je pense que quand un gouvernement et une organisation supranationale comme l'Union européenne imposent de façon répétitive à la population d'un pays une politique de restriction dont les effets délétères sont connus, il n'est pas exagéré de parler d'eugénisme, même s'il ne s'agit pas un eugénisme voulu mais d'un eugénisme par ricochet, car il s'agit bien là, non pas d'une sélection par l'argent qui serait naturelle mais d'une sélection artificielle initiée par ceux qui se sont appropriés dans nos sociétés le pouvoir et l'argent.

Nous savons donc depuis longtemps que la politique d'appauvrissement, dite d'austérité, imposée au peuple grec a eu pour effet une augmentation particulièrement importante du nombre de suicides et une dégradation non moins importante des conditions sanitaires et de vie avec des effets de souffrance et de surmortalité dénoncés par de nombreux observateurs (2). Pourtant c'est cette même politique qui sert de modèle à tous les pays membres de l'Union européenne pour réduire leurs dépenses publiques. L'exigence de rigueur budgétaire se traduit ainsi par de multiples politiques d'appauvrissement justifiées par les mêmes impératifs : réduire la dette et le déficit public, réduire le déficit des caisses d'assurance maladie, des caisses de retraite, etc. Avoir une comptabilité équilibrée pour un État serait sans doute une bonne chose, comme pour un ménage. Surtout depuis que les États membres de l'UE sont obligés d'emprunter à des banques privées. Pour la France, l'interdiction faite à l'État d'emprunter à la Banque de France remonterait pour certains au très controversé article 25 de la loi "Pompidou, Giscard, Rothschild" votée en 1973, ce à quoi d'autres répondent qu'il n'en est rien et incriminent le traité de Maastricht qui a abrogé cet article 25 et interdit aux banques centrales de créer de la monnaie en accordant des crédits aux États, ceci pour éviter tout risque d’inflation (3). Du coup, le gâteau à se partager n'est plus sans limites et les riches et les pauvres, les capitalistes et les travailleurs se battent pour en avoir une part. D'une certaine manière, l'UE a assuré le renouveau de la lutte des classes, infligeant un démenti cinglant aux prêtres de la fin du marxisme ou de l'histoire.

Les seuils à ne pas dépasser : 3 % du PIB pour le déficit public et 60 % du PIB pour la dette publique semblent bien arbitraires. Les choix comptables d'un État sont des choix politiques, les déficits qui en résultent aussi. Il en a été ainsi pour la Sécurité sociale : un choix, celui de la solidarité nationale qui fait que 10 % des Français bénéficient de soins sans cotiser, ne peut que générer le risque d'un déficit. De ce fait, il serait logique que le "trou" de la Sécurité sociale soit compensé par l'impôt. C'est partiellement l'option qui a été retenue avec la création de la CADES (caisse d'amortissement de la dette sociale), mais l'État a fait en même temps le choix de réduire les dépenses de santé avec la dégradation des soins que l'on connaît. Donc des soins pour tout le monde mais de moins bonne qualité, sauf pour ceux qui ont les moyens de se payer d'importants dépassements d'honoraires. Ainsi les femmes du peuple, enceintes, sont suivies par des sages-femmes et les nanties par des gynécologues dans leurs luxueux cabinets privés.

L'actuel projet de réforme des retraites soulève les mêmes questions. Nous sommes face au choix du Président Macron de ne pas financer le déficit des caisses de retraite alors qu'il offre des milliards aux entreprises multinationales et à leurs actionnaires soit directement sous forme de subventions, de crédits d'impôts ou d'allègements de charges sociales, ou de façon plus pernicieuse, en refusant de combattre efficacement l'évasion et l'optimisation fiscales. Rien que cette dernière, qui, n'a rien d'illégale, a représenté en 2015 une perte de 14 milliards pour le fisc français. De son côté le Conseil d’orientation des retraites vient d’annoncer dans un rapport officiel que le déficit du régime de retraite pourrait être compris entre 7,9 et 17,2 milliards d’euros en 2025. Il suffirait donc de changer les lois pour interdire l'optimisation fiscale et de consacrer les milliards ainsi récupérés à financer les retraites. Mais ce n'est pas le choix du gouvernement qui préfère réduire les pensions en s'attaquant aux "régimes spéciaux", dont celui des fonctionnaires, sauf ceux de la police et de l'armée évidemment, en instaurant un régime à points et en mettant l'âge pivot à 64 ans (ce qui signifie l'obligation de travailler jusqu'à 64 pour bénéficier d'une retraite à taux plein, sachant que beaucoup ne le pourront pas et verront ainsi leur pension diminuée d'autant). Autre solution est proposée par certains pour combler ce   déficit : les fonds de la CADES pourraient amplement financer les retraites dès 2024 quand la question du déficit de la Sécurité sociale aura été réglée (4). De plus, n'oublions pas le Fonds de réserve des retraites (FRR) qui a pour mission, au nom de la collectivité, d’investir et d’optimiser le rendement des sommes que lui confient les pouvoirs publics en vue de participer au financement des retraites et qui a bouclé l'année 2017 avec un actif net de 36,4 milliards d'euros. Là aussi, surprise : le FRR ne perçoit plus de recettes depuis la réforme des retraites de 2010 et verse annuellement 2,1 milliards d’euros à la CADES. Comme quoi nous sommes bien en face de choix politiques et non d'une réalité incontournable.

Pour faire de la France un centre de profit à la disposition des multinationales et des groupes financiers, en particulier des fonds de pension, Macron, le Gouvernement Philippe et les députés LREM n'hésitent pas à détruire une société construite sur les avancées sociales du Conseil National de la Résistance. Il s'agit là d'un virage à 180 degrés menant d'un État social à un État ultralibéral avec des Français plus proches des indigènes de l'Afrique coloniale que des citoyens dignes de ce nom. Avec la réforme prévue, la France comptera de nombreux retraités, surtout d'anciens fonctionnaires, parmi ses nouveaux pauvres. Étant sous-payés, les fonctionnaires français auront forcément une retraite fortement amoindrie avec le nouveau système de calcul de leur pension puisqu'ils vont passer de 75 % de leur dernier traitement détenu depuis plus de 6 mois à 50 % du salaire annuel moyen des 25 dernières années. Pour éviter cette création supplémentaire de pauvreté il aurait donc fallu aligner les rémunérations du secteur public sur les salaires du privé avant d'aligner le calcul des retraites. Donc, contrairement aux arguments de d'équité et d'égalité avec lesquels les réformateurs tendent à justifier le nouveau régime de retraite, celui-ci va être une nouvelle source d'injustice. Les Français ne sont pas dupes, ils ont bien compris que la finalité du projet est de réduire les pensions pour satisfaire aux exigences de l'Union européenne d'un déficit public inférieur à 3 %. Peut-être que quelques missiles, chars et avions auraient pu faire l'équilibre mais ce n'est pas ce que souhaite la Commission européenne qui à l'évidence préfère les pauvres (5). Le gouvernement français aurait aussi pu faire le choix de ne satisfaire aux exigences de la Commission européenne. Sauf que le projet du Président Macron n'est pas de gouverner dans l'intérêt de la France mais dans celui des ultra-riches qui sauront le récompenser à la fin de son mandat. À moins que d'ici là une révolution ne vienne perturber son programme.

C'est un Grec qui est devenu le symbole de cette Europe politico-économique en guerre contre les Européens, un de ces nouveaux pauvres, retraité et ancien pharmacien, poussé au suicide par la pauvreté. En Grèce l'augmentation du taux de suicides a été jusqu'à 35 % (6) tant du fait d'une détérioration insupportable des conditions de vie que de la dégradation du système de santé. Cette politique aux effets morbides pourtant bien connus a été ensuite appliquée en Italie et en Espagne, où elle a produit les mêmes effets. Maintenant c'est autour des Français. C'est là que l'on peut se dire que l'Europe n'a guère progressé au 20e siècle. D'ailleurs pourquoi l'aurait-elle fait puisque c'est la même classe politique qu'en 1940 qui revenue au pouvoir après les amnisties post-épuratoires. Mais ce n'est qu'avec le traité de Lisbonne en 2008 que le darwinisme social qui avait fait les beaux jours de l'Europe nazie a refait surface comme étant le pendant sociétal indissociable du libéralisme économique de l'UE. C'est ainsi que les retraités sont un peu vite traités avec mépris car ils sont souvent pauvres, forcément vieux et paraissent facilement improductifs, donc des fardeaux pour la société. "Vieux débris" et nouveaux "sous-hommes" de l'Europe sont des cibles faciles pour des sociétés qui ne connaissent de valeurs que celles cotées en Bourse.

Il est vrai qu'il y a du Christ en Dimitri Christoulas, ce pharmacien retraité qui s'est suicidé le 4 avril 2012 d'une balle dans la tête devant le Parlement, à Athènes. Dans la poche de son manteau on a retrouvé une lettre disant : "Le gouvernement (...) a réduit littéralement à néant mes possibilités de survie, qui étaient fondées sur une retraite honorable pour laquelle j'ai payé seul (sans contribution de l'État) toute ma vie. Étant parvenu à un âge qui ne me donne pas la possibilité d'une réaction dynamique (sans pour autant exclure que si un Grec attrapait une kalachnikov je n'aurais pas été le second), je ne trouve pas d'autre solution qu'une fin digne, avant que je ne commence à chercher dans les poubelles pour me nourrir. Je pense qu'un jour les jeunes sans avenir prendront les armes et qu'ils pendront les traîtres sur la place Syntagma, comme les Italiens ont fait avec Mussolini en 1945 (sur la place Peretto de Milan)."

En France, 8 personnes de plus de 65 ans, une majorité de retraités inévitablement, se suicident chaque jour. Il s'agit là du chiffre officiel. Mais il serait plus vraisemblable de comptabiliser le double, de nombreux suicides étant cachés, souvent pour préserver les enfants ou simplement par honte ou culpabilité. Bien sûr les causes de ces suicides sont multiples : le poids de l'âge, la santé facilement déficiente, la solitude aussi, mais il ne faut pas négliger l'absence d'intérêt d'une vie réduite, faute de moyens financiers, à la survie avec en plus, à force d'être méprisé, le mépris de soi-même. Pourtant l'argent ne manque pas en France. Mais la politique ultralibérale que nous connaissons actuellement dans toute l'Europe juge les riches plus dignes de considération que les personnes âgées, surtout pauvres, au point qu'il n'apparaît pas nécessaire d’assurer à ces derniers une fin de vie digne d'être vécue.

Le plus angoissant pour la population française actuelle comme pour tous les Européens soumis à la dictature des directives européennes, en plus de l'avenir sombre qui les attend, est l'absence totale de compassion et de sens moral de ceux qui sont aux commandes des institutions en France comme ailleurs. Mais peut-être assistons-nous actuellement au début d'une prise de conscience politique suscitée par l'amère constatation de n'être que des pions sur un échiquier, prêts à être sacrifiés si cela s'avérait nécessaire, et cela même sans réelle nécessité. D'une certaine façon, le sort réservé aux générations présentes et promis aux générations futures n'est guère différent de celui des générations précédentes sacrifiées dans des guerres initiées par des dirigeants politiques au service des puissances d'argent. Certains en sont forcément arrivés à se poser la question des racines idéologiques de cette Union européenne qui n'est évidemment pas née de rien avec un premier Président de la Commission, Walter Hallstein, dont les liens avec le nazisme restent toujours sujets à controverses (8). Après, il faut bien se dire que pendant la Seconde Guerre mondiale l'essentiel de l'élite européenne a été nazie, collaboratrice ou complice, et qu'on le veuille ou non le passé détermine, du moins partiellement le présent.

L'idée d'une Europe unifiée n'a rien de nouveau mais le modèle historique en est davantage l'empire qu'une fédération ou une organisation supranationale démocratique. Sans revenir à Charlemagne, on peut citer Napoléon qui se voyait bien régner sur une Europe préalablement conquise par ses armées. Puis le rêve fou d'un Hitler qui a voulu faire de l'Europe une colonie allemande et appliquer aux Européens le traitement que ces derniers appliquaient à leurs "indigènes". Et c'est encore le modèle colonial qui paraît le plus juste pour caractériser cette Union européenne profondément déshumanisante et antidémocratique, sacrifiant le bien-être et l'épanouissement des peuples aux seuls intérêts économiques. L'Union européenne c'est un peu la Compagnie des Indes au service de la prospérité de l'Angleterre au détriment des autochtones exploités et maintenus en servitude par l'armée.

La concordance idéologique entre le néolibéralisme de l'UE et l'ultralibéralisme de Macron et de sa bande qui se sont emparés de l'ensemble des pouvoirs démocratiques en France fait que l'application des directives européennes ne pose aucun problème politique à l'exception de l'opposition de ceux qui en font les frais et qui manifestent dans la rue ou sont en grève. La situation était différente en 2015 en Grèce puisque le pouvoir était aux mains d'une coalition de gauche. Le gouvernement Tsipras avait proposé, pour répondre aux exigences de la Commission européenne, du Fonds monétaire international et de la Banque centrale européenne, de prendre l'argent là où il était. Ces mêmes institutions ont refusé et exigé que ce soient les classes populaires et moyennes qui soient sacrifiées. Sur la page Web de l'Humanité du 26 juin 2015 (9), Thomas Lemahieu écrivait : "Soucieux, derrière les couleuvres qu’on tente de lui faire avaler, d’afficher une perspective de justice sociale par un transfert du fardeau de l’austérité des classes populaires vers les plus riches, le gouvernement Tsipras entend mettre en place une taxe exceptionnelle de 12 % sur les bénéfices au-delà de 500 000 euros des entreprises ? C’est non. Il veut porter de 26 à 29 % le taux de l’impôt sur les sociétés ? Biffé en rouge : la troïka n’accepte pas plus de 28 %." Et la liste des mesures refusées ne s'arrête pas là. C'est par le chantage que l'UE finira par imposer sa volonté à la Grèce alors même que François Hollande reconnaissait, au moins en façade, la légitimité du gouvernement grec à définir lui-même la manière d’atteindre la trajectoire budgétaire (l’Humanité du 24 juin).

En France, l'essentiel de la classe politique collabore avec les institutions européennes, même si cela signifie une limitation importante de la souveraineté nationale, et même si cela doit se faire contre les intérêts des Français et de la France. Les représentants de la Nation ont fait leur choix le 4 février 2008 en approuvant la révision de la Constitution pour permettre la ratification du traité de Lisbonne reprenant les points importants du projet de Constitution européenne. En tant que classe politique, non seulement les élus ne représentent plus leurs électeurs, mais ils semblent bien loin du souci de l'intérêt général ou du bien public. De fait, pour faire carrière, et ce dans le but évident de s'enrichir sans projet réel de société à défendre, ils se doivent d'être aux ordres de leurs partis respectifs.

La crise sociale de la France est directement le produit de la crise de morale de sa classe politique laquelle accepte avec une grande facilité une formidable dégradation des conditions de vie avec son nombre croissant de "sans domicile fixe", de personnes qui meurent de froid ou de faim, d'individus fréquentant les œuvres caritatives ou obligés de mendier, voire de faire les poubelles pour survivre. Avec, en fin de parcours, comme issue ultime, le suicide. 

 

Deuxième Partie


Beaucoup de Français ont pris subitement conscience du danger que représente pour leur avenir le fait que la pension de retraite pour laquelle ils cotisent, cotiseront ou ont cotisé toute leur vie de travail soit considérée comme étant une prestation sociale relevant de la rubrique risque " vieillesse-survie " et non un droit engendré par leurs cotisations. Autrement dit, ils commencent à comprendre en quoi une retraite par répartition diffère d'une retraite par capitalisation.

Du seul fait que la retraite ait le statut de prestation sociale fait que l'État peut en disposer comme bon lui semble. Ce qui a évidemment de quoi inquiéter les travailleurs et ceux qui sont déjà pensionnés d'autant plus que le projet du Président Macron et de son groupe est manifestement de réduire au maximum le montant de leurs pensions. Pour justifier sa politique le pouvoir invoque la justice et l'égalité, ce qui ne manque pas de cynisme et en révolte plus d'un. La situation paraît d'autant plus désespérée qu'il y a des précédents en Europe et que nous sommes face à une réelle convergence entre les exigences de la Commission européenne et les projets du chef de l’État. À cela rien d'étonnant puisque les deux institutions servent les mêmes maîtres. La situation de départ est donc très différente de ce qu'elle était en Grèce en 2015. Et l'inquiétude est d'autant plus grande que les conséquences de la conversion forcée d'un pays à l'ultralibéralisme sont désormais connues : un peuple en grande souffrance, une importante dégradation du système de santé et une forte augmentation du nombre de suicides (10).

Une politique imposée à un pays et dont on sait qu'elle va avoir des conséquences désastreuses sur la population et détruire de nombreuses vies, mérite bien le nom de criminelle. Il y a de la "novlangue" à parler de "crise" pour les conséquences de la politique dévastatrice que l'UE a imposée à la Grèce. Des Grecs particulièrement amers, et on les comprend, n'hésitent pas à écrire que leur pays a été transformé par la Commission européenne en "stratópedo synkéntrosis" (camp de concentration).

Les Espagnols, les Italiens et les Portugais ont subi les mêmes tourments, mais à des degrés moindres. Et les Français ont de quoi être inquiets car la politique menée par Emmanuel Macron et LREM est profondément antisociale, on pourrait même dire qu'elle est une attaque en règle par les ultra-riches, actionnaires du CAC 40 contre les travailleurs. Que fait l'État pour lutter contre l'évasion fiscale (60 à 80 milliards selon les sources) et contre l'optimisation fiscale (6,5 milliards) ? Quid des 20 milliards annuels du CICE (le Crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi voté en 2012) transformé en 2019 en allègement des charges sociales patronales, et dont l'essentiel finit dans les poches des actionnaires et des 6,5 milliards annuels du CIR (Le crédit d'impôt en faveur de la recherche) dont l'emploi paraît plus qu'obscur ? L'État offre tant de milliards aux ultra-riches et n'a pas de quoi compenser le déficit des caisses de retraite qui devrait se situer entre 8 et 17 milliards d'euros en 2025, et ce pour l’ensemble des régimes (selon un rapport du Conseil d'orientation des retraites) ! Cette situation a fait dire à l'économiste Michaël Zemmour en octobre 2019 :" Le système actuel a un petit déficit, de l’ordre de 10 milliards d’euros, sur 300 milliards. Il est donc somme toute équilibré ... Il n’est pas du tout question d’un système qui serait à découvert et dont il faudrait éponger les dettes. Le problème, c’est que depuis des années, pour l’équilibrer, on fait baisser les pensions (11)."

Quant aux dépenses publiques, leur explosion est moins due aux prestations sociales qu'à la crise des subprimes aux États-Unis (2007-2011) dans laquelle les banques européennes ont été fortement impliquées. Jusqu'en 2008-2009, les dépenses publiques ont été globalement stables en France. En 2007 elles étaient à 52,3 % du PIB. Pendant la crise elles sont passées de 52,9 % du PIB en 2008 à 56,2 % en 2009 et 2010. ATTAC (12) note que l'augmentation de 2009 est liée : 1) au plan de relance économique : (6,6 milliards de prêts et subventions à l’automobile, 13, 3 milliards de "soutien à l’activité et l’emploi", 18,2 milliards de "soutien à la trésorerie des entreprises" et 9,8 milliards d’investissements publics), 2) au plan de sauvetage des banques (prêts aux banques 120 milliards d'euros avec un remboursement partiel) et à d’autres opérations de soutien aux établissements financiers, 3) aux dépenses sociales (5 milliards de plus pour l’indemnisation du chômage entre 2008 et 2009).

Si le malaise actuel des Français est directement lié à un futur sans avenir, leur angoisse vient aussi pour beaucoup de ne plus pouvoir faire confiance à leurs élus et aux institutions. De là ils anticipent le pire. Ils se sentent trahis et trompés et vont crier dans la rue leur haine et leur mépris pour la classe politique, mais ils reçoivent comme seule réponse une violence policière dont les excès laissent à penser qu'il s'agit avant tout pour les forces de l'ordre de faire régner une terreur dissuasive. Les Français ont donc face à eux un chef de l’État qu'ils perçoivent comme étant le président des riches ou des "très riches", selon l'expression de l'ancien président François Hollande, et qui se maintiennent au pouvoir grâce une répression militaro-policière féroce. Les policiers seront récompensés de leur zèle en échappant au nouveau régime de retraite non sans avoir menacé de faire grève eux aussi.

La condition faite aux travailleurs pauvres les empêche de vivre dignement avant de les tuer. Est-ce du malthusianisme ? De l'eugénisme déguisé ? Du darwinisme social ? En tout cas, c'est de l'IVG au sens que le professeur Lejeune (13) a donné à cet acronyme : Interruption d'une vie gênante. Le mépris de la classe politique et des nantis pour la vie de ceux qu'ils considèrent comme n'étant rien, des êtres inférieurs dont la mise en souffrance jusqu'à ce que mort s'ensuive semble se justifier par la seule quête du profit, est une constante qui a connu ses jours de gloire avec le nazisme, idéologie dont les racines plongent dans les idées libérales des 18e et 19e siècles. Le passé de l'Europe empêche encore, pour le moment, les dirigeants actuels de pousser vers les chambres à gaz ceux qu'ils considèrent comme étant des déchets, ils recourent alors à la méthode française qui a consisté à laisser mourir de faim plus 40 000 personnes considérées comme étant atteintes de maladie mentale, dont Camille Claudel (14).

Que les élus et la classe politique soient considérés comme étant des menteurs et des voleurs est une représentation somme toute classique, mais la succession effrénée des scandales depuis que Macron et LREM dominent le paysage politique français fait que cette représentation n'est plus simplement un fantasme, mais une réalité quotidienne. Aujourd'hui c'est le ministre qui a rédigé la réforme des retraites qui, sous la pression de l'opinion publique et de l'opposition, doit démissionner. À peine Macron élu, les Français ont compris qu'il s'était ouvertement moqué d'eux en se faisant élire sur la promesse d'une moralisation de la vie politique. Il faut aussi une bonne dose de mépris pour présenter la réforme des retraites comme étant juste et bénéfique pour les travailleurs. Mais les Français ont donc fini par se méfier de ceux qu'ils ont élus, pas tous les Français évidemment, mais toujours davantage. C'est qu'il faut beaucoup de mensonges pour convaincre un peuple qu'on gouverne pour son bien-être alors qu'il est évident que c'est tout le contraire. Le Président Macron c'est plus Torquemada expliquant aux hérétiques qu'il les brûle pour sauver leur âme que Machiavel. Et c'est sans doute pour cette raison que certains le qualifient de "prédateur", ce en quoi ils intuitionnent bien ce qu'il en est de la logique d'une société libérale où la politique est totalement subordonnée à l'économie capitaliste. Mais à trop pressuriser les petits, ceux-ci finissent par se révolter. Reste la violence pour les maintenir à genoux. L'UE est donc revenue à ses origines : Berlin 1933, ce qui n'est pas franchement un succès si l'on prend comme critère de réussite le progrès social et les valeurs humaines.

Pendant que les Français se plaignent de la baisse de leur pouvoir d'achat, la rétribution des actionnaires augmente. Ce qui permet au journal La Tribune de publier le 19 août 2019, sur son site : "Alors que la conjoncture mondiale cumule les déboires, les dividendes versés aux actionnaires au deuxième trimestre 2019 affichent un nouveau record, selon une étude d'une société de gestion de fonds américaine. Ils ont atteint la somme folle de 514 milliards de dollars. Avec 51 milliards de dollars de dividendes, la France conforte sa place de meilleur rémunérateur d'actionnaires en Europe (15)". Par la même occasion nous apprenons que la rétribution des actionnaires a augmenté de 5,3 % en France alors qu'en Allemagne elle a baissé de 11 %. Le gouvernement peut ainsi affirmer aux Français qu'ils se trompent quand ils se plaignent que leur pouvoir d'achat a diminué et qu'au contraire, il a augmenté. Sans être forcément fausse, cette affirmation n'est pas très honnête car le Premier ministre est bien placé pour savoir que la baisse du pouvoir d'achat des ménages a été compensée par les milliards supplémentaires engrangés par les actionnaires du CAC 40. C’est ce que l’économiste Alexandre Delaigue appelle l'effet "Bill Gates entre dans un bar" : si le fondateur de Microsoft pénètre dans un café, le pouvoir d’achat global des consommateurs présents dans le bar augmente fortement, mais pris individuellement il reste inchangé.

L'imposition des dividendes au taux global unique de 30 % (PFU ou Flat Tax) est un beau cadeau fait aux milliardaires avec une imposition au titre de l'impôt sur le revenu à 12,8 % et des prélèvements sociaux se montant à 17,2 %. Ce qui permet à Forbes d'écrire : "L’introduction de la Flat Tax est un message fort à destination des entrepreneurs et investisseurs, ce système d’imposition leur étant globalement favorable (16)." Ajoutons à cela la suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune et son remplacement par l'impôt sur la fortune immobilière, et on constatera que les 0,1 % ont bien rentabilisé l'argent qu'ils ont investi pour faire élire le candidat Macron. Le revenu des 0,1 % des Français les plus riches a ainsi augmenté d'environ 23 000 euros en moyenne, écrit Guillaume Duval dans "Alternatives Économiques" du 21 octobre 2019 (17). Le même constate que "Les mesures prises en 2018 par Emmanuel Macron ont surtout profité aux très riches : la transformation de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) en impôt sur la fortune immobilière (IFI) coûte 3,2 milliards d’euros par an aux finances publiques, tandis que la mise en place du prélèvement forfaitaire unique (PFU) sur les revenus du capital a entraîné une perte de recettes de 1,4 milliard d’euros… ". Dans le même temps, le taux de pauvreté a progressé de 14,1 % en 2017 à 14,7 % en 2018. Selon les calculs de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), c'est le pouvoir d'achat des retraités disposant de plus de 2000 euros par mois et par foyer qui a le plus baissé : 4,8 millions de ménages retraités devraient perdre à la mise en place des mesures sociofiscales. Parmi ces 4,8 millions, les personnes à la retraite vivant seules subiraient une perte moyenne de 240 euros par an en 2019 tandis que pour les couples retraités celle-ci atteindrait 390 euros par an en moyenne (18). Voilà, une bonne avancée dans la fabrique des nouveaux pauvres. 

 

1)http://www.le-blog-de-roger-colombier.com/article-la-pauvrete-n-est-pas-un-chatiment-divin-95770548.html

2) http://sante-grece-67.fr/2018/10/grece-l-austerite-tue-en-voila-les-chiffres.html

    https://www.cairn.info/revue-sante-publique-2015-1-page-5.htm

3)https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2018/12/13/non-la-loi-pompidou-giscard-rothschild-de-1973-n-a-pas-cree-la-dette-francaise_5397066_4355770.html

4) https://www.marianne.net/economie/reforme-des-retraites-ces-24-milliards-qui-resoudraient-le-deficit-une-fois-pour-toutes

5) Dans le cadre du semestre européen, la Commission européenne et le Conseil de l'UE ont adressé en juin et en juillet 2019 leurs dernières recommandations économiques pour la France. Les deux institutions soutiennent notamment la réforme des retraites, prévue par l'exécutif. Elle serait de nature à "contribuer à alléger la dette publique à moyen terme".

https://www.touteleurope.eu/actualite/retraites-la-reforme-du-systeme-francais-encouragee-par-l-union-europeenne.html

6) http://www.psychomedia.qc.ca/psychologie/2015-02-03/grece-austerite-augmentation-des-suicides.

7) Pour en savoir davantage : https://blogs.mediapart.fr/mehdi-zaaf/blog/050412/le-symptome-dimitris-christoulas

8) 8) Paul Anthony,  Taylor, Aleksandra Niedzwiecki, Matthias Rath, August Kowalczyk. "Les racines nazies de l'Union européenne de Bruxelles". Éditeur : Dr. Rath Education Services B.V., 2011

Annie Lacroix-Riz, "Aux origines du carcan européen", 1900-1960. La France sous influence allemande et américaine, Paris, Delga-Le temps des cerises, 2e édition, 2015,

                                    "Scissions syndicales, réformisme et impérialismes dominants", 1939-1949, Montreuil, Le Temps des cerises, 2015,

 9)https://www.humanite.fr/les-creanciers-disent-tsipras-pas-touche-aux-riches-578062?fbclid=IwAR0Un8zVFIwQIvIyTqXEVGleyDb5RpxthsoNQ2Btjr_1pBcBXJQZwSGoYaM

10) https://lexpansion.lexpress.fr/actualite-economique/des-chercheurs-etablissent-un-lien-entre-suicides-et-austerite-en-grece_1510489.html

11) https://www.bastamag.net/greve-5-decembre-retraites-deficit-intox-rapport-COR-cotisation-pension

12) https://local.attac.org/paris15/documents/dette/detteclip3.pdf

En septembre 2015, un communiqué de la FBF (Fédération Bancaire Française, faisant suite à une étude de la BCE se voulait absolument catégorique : " La France est l’un des rares pays de la zone dans lequel la crise bancaire n’a pas eu d’impact significatif sur le déficit et la dette publics". Et de souligner que l’État a gagné dans le sauvetage bancaire 2,3 milliards d’euros d’intérêts. La conclusion du lobby bancaire est sans appel : " L’augmentation de la dette publique française de 31,1 % du PIB sur la période 2008-2014 n’est donc pas liée aux mesures de soutien aux banques françaises." Le communiqué était d’ailleurs titré : « Crise bancaire, aucun impact sur les finances publiques en France ». Si la dette augmente, il faut regarder ailleurs. Évidemment, on regardera du côté des dépenses publiques, autrement dit des fonctionnaires et des transferts sociaux.

http://www.cadtm.org/Crise-de-2008-la-vraie-facture-laissee-par-les-banques-a-la-France?fbclid=IwAR0yaMjKLCzI1nt3e0ZoSjgQUMqagHVYs_Le6opILiGj20ZzRMQAAmCeNuc

13) "Les initiales IVG ont une signification terrible : Interruption d’une Vie Gênante. Et l’âge n’y fait rien. Les vieillards sont aussi menacés que les plus jeunes." Citation du Professeur Lejeune qui s'est battu toute sa vie pour les enfants trisomiques. En 1958, il démontra pour la première fois au monde un lien entre la présence d'un 3e chromosome 21 et le mongolisme.

http://www.amislejeune.org/index.php/fr/jerome-lejeune-et-son-oeuvre/sa-vie/biographie

14) "Camille Claudel meurt à l'asile de Montfavet, le 19 octobre 1943 à 2 h du matin, d'un ictus apoplectique, vraisemblablement par suite de la malnutrition sévissant à l'hôpital, à l'âge de 78 ans. Deux mois avant la mort de Camille Claudel, le directeur de l'hôpital psychiatrique avait affirmé à Paul Claudel : « Mes fous meurent littéralement de faim : 800 sur 2 000. » En août 1942 il lui écrivait que l'état général de Camille Claudel « a marqué un fléchissement net depuis les restrictions qui touchent durement les psychopathes. Votre sœur […] en juillet, a dû être alitée pour œdème malléolaire en rapport avec une carence et le déséquilibre alimentaire » Selon Max Lafont, entre 1940 et 1944, 40 000 malades mentaux meurent de faim dans les hôpitaux psychiatriques en France."

http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Camille_Claudel&oldid=165247595

15)https://www.latribune.fr/bourse/dividendes-nouveau-record-en-france-malgre-le-ralentissement-825997.html

De son côté Le Revenu publie : Selon des calculs de Factset recoupés par Le Revenu, les grandes sociétés de la cote française s’apprêtent à distribuer cette année plus de  50 milliards d’euros à leurs actionnaires, un record !

https://www.lerevenu.com/bourse/dividendes-vers-un-record-en-2019-avec-plus-de-50-milliards-deuros-distribues-par-le-cac-40

16) https://www.forbes.fr/finance/flat-tax-macron/

17) https://www.alternatives-economiques.fr/a-profite-politique-demmanuel-macron/00090717

18) https://www.ofce.sciences-po.fr/blog/10789-2/ 

 

  


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