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Une politique économique thanatophorique
dans une Europe déshumanisée
Claude Kessler
(2019)
Une politique
économique qui met en souffrance toute une société, rendant sa population
malade et augmentant le taux de suicides, ceci pour l'enrichissement d'une
petite minorité, mérite qu'on s'y arrête.
Première partie
Faut-il laisser aux
seuls comités d'éthique et aux philosophes le soin de décider s'il est moins
criminel de mettre une population en souffrance tout en sachant qu'une telle
politique va augmenter de façon importante le nombre de suicides, et même
pousser au suicide des personnes qui n'y auraient pas songé autrement, que
d'enfermer des êtres, malgré tout humains, dans une chambre à gaz pour les
éliminer ou leur tirer une balle dans la nuque ? La politique d'austérité que
les institutions européennes et le Fonds monétaire international ont imposée
à la Grèce ces dernières années, et qui a été supportée, sur injonction des
mêmes, par les petites gens et non les grosses fortunes, a eu des effets
dévastateurs sur la population et le fonctionnement de la société grecque
dans son ensemble. Ce qui n'empêche pas l'Union européenne de vouloir imposer
cette politique manifestement thanatophorique à d'autres pays, dont la
France. De nombreux Français ont ainsi été amenés à manifester dans la rue
leur opposition à des projets qui vont inévitablement les appauvrir. De même,
les syndicats, avec un peu de retard il est vrai, ont fini par organiser des
grèves en cette fin d'année 2019. La seule réponse du pouvoir a été une
violente répression militaro-policière faisant des dizaines de mutilés et des
centaines de blessés. De là, une autre question s'impose, même si elle ne
semble d'abord être que pure provocation : le pouvoir, après avoir supprimé
les camps de concentration, va-t-il enfermer toute l'Europe derrière des
barbelés ?
L'Union européenne
a indubitablement quelque chose du monde d'Orwell ou de celui d'Eichmann,
monde impersonnel et déshumanisé, avec de surcroît la novlangue adaptée.
Peut-on reprendre, pour décrire ceux qui sont à la barre de cette
organisation supranationale morbide, ce que Hannah Arendt a écrit au sujet
d'Eichmann ? Sans doute. Arendt nous présente le criminel allemand comme
n'étant ni un malade mental, ni un monstre, ni même un fanatique de
l'idéologie nazie ou un antisémite. Pour elle, Eichmann était un homme
ordinaire, incapable d'une pensée personnelle, se contentant d'obéir. Ce qui
n'a pas empêché celui qui avait organisé la déportation des Juifs vers les
camps d'extermination d'être pendu à l'issue de son procès. Mais à qui
obéissent ceux qui imposent aux pays membres de l'Union européenne une
politique dont on sait parfaitement qu'elle va vouer à la mort les plus
fragiles, même si ce n'est pas là le but recherché ? À l'Allemagne, qui est
la première puissance économique d'Europe et qui prendrait bien sa revanche
sur 1945 ? À une Allemagne toujours nostalgique du Saint-Empire romain
germanique ? Aux États-Unis, qui veulent imposer leur modèle économique et
sociétal à toute la planète ? Ou plus simplement au Dieu d'argent, au Veau
d'or se confondant avec les principes abstraits de l'économie libérale ?
Même si nous
partons de l'hypothèse que les effets délétères et les morts résultant des
directives de la Commission européenne ne sont pas expressément voulus,
qu'ils sont une sorte de dommage collatéral, qu'est-ce qui peut justifier
qu'une telle entreprise perdure ? Question sans doute absurde, car elle
n'aurait sans doute pas d'autre réponse qu'une justification construite sur
le modèle d'un Hitler justifiant sa politique d'extermination par la
nécessité de préserver la race aryenne. De nos jours, la justification mise
en avant est la nécessité de maintenir le déficit public à moins de 3 %.
Combien de morts et de vies détruites dans toute l'Europe pour un déficit
public à moins de 3 % ? Tout cela a quelque chose de monstrueux, aussi
monstrueux que les chambres à gaz, même si nous n'en sommes pas encore à 6
millions de morts. D'autant plus qu'il y a d'autres moyens de réduire les déséquilibres
budgétaires que de spolier les travailleurs et les retraités tout en faisant
des cadeaux pharaoniques aux plus riches. Sans parler d'une classe politique
qui puise sans aucun scrupule dans les caisses de l'État.
Les idéologues du
libéralisme voudraient nous faire croire que la sélection par l'argent relève
de la sélection naturelle : les pauvres périraient de la malnutrition, du
manque de soins, de la souffrance psychologique qui accompagne la misère,
etc., comme périssent les animaux sauvages dans la savane. Selon ce même
modèle, il serait conforme aux lois de la nature que les Gros (revenus)
prédatent les Petits et que les plus forts tuent ou réduisent en esclavage
les plus faibles. C'est sur cette base, connue sous le nom de darwinisme
social, qu'ont été conçus la surexploitation des travailleurs, la
colonisation, l'esclavage, quelques génocides ou massacres de masse, et
évidemment l'assassinat des plus fragiles sous le prétexte d'euthanasie (la
mort douce).
Avant d'être
considérées comme conformes aux lois de la nature, à une époque où pauvreté
signifiait esclavage et servitude, les inégalités sociales étaient pensées
comme étant l'expression de la volonté divine. On cite souvent Saint Jean
Chrysostome prêchant que "l'esclave doit se résigner à son sort et,
qu'en obéissant à son maître, (il) obéit à Dieu", ou Saint Ambroise
professant que "la servitude est un don divin" (1). D'abord
"grâce divine", passeport pour le paradis, la pauvreté a fini par
être interprétée comme étant un châtiment envoyé du ciel. Ce n'est qu'à la
fin du 18e siècle qu'elle sera considérée comme un fait social, une création
de la société, avec la volonté de certains (Paine en Angleterre, Condorcet en
France) de l'éradiquer. Ce qui se passe depuis dix ans en Europe illustre parfaitement
cette dernière thèse.
Je pense que quand
un gouvernement et une organisation supranationale comme l'Union européenne
imposent de façon répétitive à la population d'un pays une politique de
restriction dont les effets délétères sont connus, il n'est pas exagéré de
parler d'eugénisme, même s'il ne s'agit pas d'un eugénisme voulu mais d'un
eugénisme par ricochet, car il s'agit bien là, non pas d'une sélection par
l'argent qui serait naturelle, mais d'une sélection artificielle initiée par
ceux qui se sont appropriés, dans nos sociétés, le pouvoir et l'argent.
Nous savons donc
depuis longtemps que la politique d'appauvrissement, dite d'austérité,
imposée au peuple grec a eu pour effet une augmentation particulièrement
importante du nombre de suicides et une dégradation non moins importante des
conditions sanitaires et de vie, avec des effets de souffrance et de
surmortalité dénoncés par de nombreux observateurs (2). Pourtant, c'est cette
même politique qui sert de modèle à tous les pays membres de l'Union
européenne pour réduire leurs dépenses publiques. L'exigence de rigueur
budgétaire se traduit ainsi par de multiples politiques d'appauvrissement
justifiées par les mêmes impératifs : réduire la dette et le déficit public,
réduire le déficit des caisses d'assurance maladie, des caisses de retraite,
etc. Avoir une comptabilité équilibrée pour un État serait sans doute une
bonne chose, comme pour un ménage, surtout depuis que les États membres de
l'UE sont obligés d'emprunter à des banques privées. Pour la France,
l'interdiction faite à l'État d'emprunter à la Banque de France remonterait,
pour certains, au très controversé article 25 de la loi "Pompidou,
Giscard, Rothschild" votée en 1973, ce à quoi d'autres répondent qu'il
n'en est rien et incriminent le traité de Maastricht, qui a abrogé cet
article 25 et interdit aux banques centrales de créer de la monnaie en
accordant des crédits aux États, ceci pour éviter tout risque d'inflation
(3). Du coup, le gâteau à se partager n'est plus sans limites, et les riches
et les pauvres, les capitalistes et les travailleurs se battent pour en avoir
une part. D'une certaine manière, l'UE a assuré le renouveau de la lutte des
classes, infligeant un démenti cinglant aux prêtres de la fin du marxisme ou
de l'histoire.
Les seuils à ne pas
dépasser — 3 % du PIB pour le déficit public et 60 % du PIB pour la dette
publique — semblent bien arbitraires. Les choix comptables d'un État sont des
choix politiques, les déficits qui en résultent aussi. Il en a été ainsi pour
la Sécurité sociale : un choix, celui de la solidarité nationale, qui fait
que 10 % des Français bénéficient de soins sans cotiser, ne peut que générer
le risque d'un déficit. De ce fait, il serait logique que le "trou"
de la Sécurité sociale soit compensé par l'impôt. C'est partiellement
l'option qui a été retenue avec la création de la CADES (Caisse
d'amortissement de la dette sociale), mais l'État a fait en même temps le
choix de réduire les dépenses de santé, avec la dégradation des soins que
l'on connaît. Donc des soins pour tout le monde, mais de moins bonne qualité,
sauf pour ceux qui ont les moyens de se payer d'importants dépassements
d'honoraires. Ainsi, les femmes du peuple, enceintes, sont suivies par des
sages-femmes, et les nanties par des gynécologues dans leurs luxueux cabinets
privés.
L'actuel projet de
réforme des retraites soulève les mêmes questions. Nous sommes face au choix
de l'État de ne pas financer le déficit des caisses de retraite du régime
général alors que des milliards sont offerts aux entreprises
multinationales et à leurs actionnaires, soit directement sous forme de
subventions, de crédits d'impôt ou d'allègements de charges sociales, soit de
façon plus pernicieuse, en refusant de combattre efficacement l'évasion et
l'optimisation fiscales. Rien que cette dernière, qui n'a rien d'illégal, a
représenté en 2015 une perte de 14 milliards pour le fisc français. De son
côté, le Conseil d'orientation des retraites vient d'annoncer, dans un
rapport officiel, que le déficit du régime de retraite pourrait être compris
entre 7,9 et 17,2 milliards d'euros en 2025. Il suffirait donc de changer les
lois pour interdire l'optimisation fiscale et de consacrer les milliards
ainsi récupérés à financer les retraites. Mais ce n'est pas le choix du
gouvernement, qui préfère réduire les pensions en s'attaquant aux
"régimes spéciaux", dont celui des fonctionnaires — sauf ceux de la
police et de l'armée, évidemment —, en instaurant un régime à points et en
fixant l'âge pivot à 64 ans (ce qui signifie l'obligation de travailler
jusqu'à 64 ans pour bénéficier d'une retraite à taux plein, sachant que
beaucoup ne le pourront pas et verront ainsi leur pension diminuée d'autant).
Une autre solution est proposée par certains pour combler ce déficit : les
fonds de la CADES pourraient amplement financer les retraites dès 2024, quand
la question du déficit de la Sécurité sociale aura été réglée (4). De plus,
n'oublions pas le Fonds de réserve des retraites (FRR), qui a pour mission,
au nom de la collectivité, d'investir et d'optimiser le rendement des sommes
que lui confient les pouvoirs publics en vue de participer au financement des
retraites, et qui a bouclé l'année 2017 avec un actif net de 36,4 milliards
d'euros. Là aussi, surprise : le FRR ne perçoit plus de recettes depuis la
réforme des retraites de 2010 et verse annuellement 2,1 milliards d'euros à
la CADES. Comme quoi, nous sommes bien en face de choix politiques et non
d'une réalité incontournable.
Pour faire de la
France un centre de profit à la disposition des multinationales et des
groupes financiers, en particulier des fonds de pension, Macron, le
gouvernement Philippe et les députés LREM n'hésitent pas à détruire une
société construite sur les avancées sociales du Conseil national de la
Résistance. Il s'agit là d'un virage à 180 degrés menant d'un État social à
un État ultralibéral, avec des Français plus proches des indigènes de
l'Afrique coloniale que des citoyens dignes de ce nom. Avec la réforme
prévue, la France comptera de nombreux retraités, surtout d'anciens
fonctionnaires, parmi ses nouveaux pauvres. Étant sous-payés, les
fonctionnaires français auront forcément une retraite fortement amoindrie
avec le nouveau système de calcul de leur pension, puisqu'ils vont passer de
75 % de leur dernier traitement détenu depuis plus de six mois à 50 % du
salaire annuel moyen des vingt-cinq dernières années. Pour éviter cette
création supplémentaire de pauvreté, il aurait donc fallu aligner les
rémunérations du secteur public sur les salaires du privé avant d'aligner le
calcul des retraites. Donc, contrairement aux arguments d'équité et d'égalité
avec lesquels les réformateurs tendent à justifier le nouveau régime de
retraite, celui-ci va être une nouvelle source d'injustice. Les Français ne
sont pas dupes : ils ont bien compris que la finalité du projet est de
réduire les pensions pour satisfaire aux exigences de l'Union européenne d'un
déficit public inférieur à 3 %. Peut-être que quelques missiles, chars et
avions auraient pu rétablir l'équilibre, mais ce n'est pas ce que souhaite la
Commission européenne, qui, à l'évidence, préfère les pauvres (5). Le
gouvernement français aurait aussi pu faire le choix de ne pas satisfaire aux
exigences de la Commission européenne. Sauf que le projet du président Macron
ne semble pas être de gouverner dans l'intérêt de la France, mais plutôt de
servir les Gros. C'est une constatation plus globale : comme le lieu du
pouvoir est à Bruxelles, les élus français n'ont plus de projets politiques. Il
se contentent de servir leurs intérêts personnels et d'obéir aux ordres de la
Commission européenne.
C'est un Grec qui
est devenu le symbole de cette Europe politico-économique en guerre contre
les Européens, un de ces nouveaux pauvres, retraité et ancien pharmacien,
poussé au suicide par la pauvreté. En Grèce, l'augmentation du taux de
suicides a été jusqu'à 35 % (6), tant du fait d'une détérioration
insupportable des conditions de vie que de la dégradation du système de
santé. Cette politique, aux effets morbides pourtant bien connus, a ensuite
été appliquée en Italie et en Espagne, où elle a produit les mêmes effets.
Maintenant, c'est au tour des Français. C'est là que l'on peut se dire que
l'Europe n'a guère progressé au 20e siècle. D'ailleurs, pourquoi
l'aurait-elle fait, puisque c'est la même classe politique qu'en 1940 qui est
revenue au pouvoir après les amnisties post-épuratoires ? Mais ce n'est
qu'avec le traité de Lisbonne, en 2008, que le darwinisme social qui avait
fait les beaux jours de l'Europe nazie a refait surface comme étant le
pendant sociétal indissociable du libéralisme économique de l'UE. C'est ainsi
que les retraités sont un peu vite traités avec mépris, car ils sont souvent
pauvres, forcément vieux, et paraissent facilement improductifs, donc des
fardeaux pour la société. "Vieux débris" et nouveaux
"sous-hommes" de l'Europe sont des cibles faciles pour des sociétés
qui ne connaissent de valeurs que celles cotées en Bourse.
Il est vrai qu'il y
a du Christ en Dimitri Christoulas, ce pharmacien retraité qui s'est suicidé
le 4 avril 2012 d'une balle dans la tête devant le Parlement, à Athènes. Dans
la poche de son manteau, on a retrouvé une lettre disant : "Le gouvernement
(...) a réduit littéralement à néant mes possibilités de survie, qui étaient
fondées sur une retraite honorable pour laquelle j'ai payé seul (sans
contribution de l'État) toute ma vie. Étant parvenu à un âge qui ne me donne
pas la possibilité d'une réaction dynamique (sans pour autant exclure que si
un Grec attrapait une kalachnikov, je n'aurais pas été le second), je ne
trouve pas d'autre solution qu'une fin digne, avant que je ne commence à
chercher dans les poubelles pour me nourrir. Je pense qu'un jour les jeunes
sans avenir prendront les armes et qu'ils pendront les traîtres sur la place
Syntagma, comme les Italiens l'ont fait avec Mussolini en 1945 (sur la place
Loreto de Milan)." (7)
En France, huit
personnes de plus de 65 ans, une majorité de retraités inévitablement, se
suicident chaque jour. Il s'agit là du chiffre officiel. Mais il serait plus
vraisemblable d'en comptabiliser le double, de nombreux suicides étant
cachés, souvent pour préserver les enfants ou simplement par honte ou culpabilité.
Bien sûr, les causes de ces suicides sont multiples : le poids de l'âge, la
santé facilement déficiente, la solitude aussi, mais il ne faut pas négliger
l'absence d'intérêt d'une vie réduite, faute de moyens financiers, à la
survie, avec en plus, à force d'être méprisé, le mépris de soi-même.
Pourtant, l'argent ne manque pas en France. Mais la politique ultralibérale
que nous connaissons actuellement dans toute l'Europe juge les riches plus
dignes de considération que les personnes âgées, surtout pauvres, au point
qu'il n'apparaît pas nécessaire d'assurer à ces dernières une fin de vie
digne d'être vécue.
Le plus angoissant
pour la population française actuelle, comme pour tous les Européens soumis à
la dictature des directives européennes, en plus de l'avenir sombre qui les
attend, est l'absence totale de compassion et de sens moral de ceux qui sont
aux commandes des institutions, en France comme ailleurs. Mais peut-être
assistons-nous actuellement au début d'une prise de conscience politique suscitée
par l'amère constatation de n'être que des pions sur un échiquier, prêts à
être sacrifiés si cela s'avérait nécessaire, et cela même sans réelle
nécessité. D'une certaine façon, le sort réservé aux générations présentes et
promis aux générations futures n'est guère différent de celui des générations
précédentes, sacrifiées dans des guerres initiées par des dirigeants
politiques au service des puissances d'argent. Certains en sont forcément
arrivés à se poser la question des racines idéologiques de cette Union
européenne, qui n'est évidemment pas née de rien, avec un premier président
de la Commission, Walter Hallstein, dont les liens avec le nazisme restent
toujours sujets à controverse (8). Il faut aussi se dire que, pendant la
Seconde Guerre mondiale, une partie importante des élites européennes a été
nazie, collaboratrice ou complice et que, qu'on le veuille ou non, le passé
détermine fortement l'avenir
L'idée d'une Europe
unifiée n'a rien de nouveau, mais le modèle historique en est davantage
l'empire qu'une fédération ou une organisation supranationale démocratique.
Sans revenir à Charlemagne, on peut citer Napoléon, qui se voyait bien régner
sur une Europe préalablement conquise par ses armées. Puis le rêve fou d'un
Hitler, qui a voulu faire de l'Europe une colonie allemande et appliquer aux
Européens le traitement que ces derniers appliquaient à leurs
"indigènes". Et c'est encore le modèle colonial qui paraît le plus
juste pour caractériser cette Union européenne, profondément déshumanisante
et antidémocratique, sacrifiant le bien-être et l'épanouissement des peuples
aux seuls intérêts économiques. L'Union européenne, c'est un peu la Compagnie
des Indes au service de la prospérité de l'Angleterre, au détriment des
autochtones exploités et maintenus en servitude par l'armée.
La concordance
idéologique entre le néolibéralisme de l'UE et l'ultralibéralisme de Macron
et de son groupe, qui se sont emparés de l'ensemble des pouvoirs
démocratiques en France, fait que l'application des directives européennes ne
pose aucun problème politique, à l'exception de l'opposition de ceux qui en
font les frais et qui manifestent dans la rue ou sont en grève. La situation
était différente en 2015 en Grèce, puisque le pouvoir était aux mains d'une
coalition de gauche. Le gouvernement Tsipras avait proposé, pour répondre aux
exigences de la Commission européenne, du Fonds monétaire international et de
la Banque centrale européenne, de prendre l'argent là où il était. Ces mêmes
institutions ont refusé et exigé que ce soient les classes populaires et
moyennes qui soient sacrifiées. Sur la page Web de L'Humanité du 26 juin 2015
(9), Thomas Lemahieu écrivait : "Soucieux, derrière les couleuvres qu'on
tente de lui faire avaler, d'afficher une perspective de justice sociale par
un transfert du fardeau de l'austérité des classes populaires vers les plus
riches, le gouvernement Tsipras entend mettre en place une taxe
exceptionnelle de 12 % sur les bénéfices au-delà de 500 000 euros des
entreprises ? C'est non. Il veut porter de 26 à 29 % le taux de l'impôt sur
les sociétés ? Biffé en rouge : la troïka n'accepte pas plus de 28 %."
Et la liste des mesures refusées ne s'arrête pas là. C'est par le chantage
que l'UE finira par imposer sa volonté à la Grèce, alors même que François Hollande
reconnaissait, au moins en façade, la légitimité du gouvernement grec à
définir lui-même la manière d'atteindre la trajectoire budgétaire (L'Humanité
du 24 juin).
En France,
l'essentiel de la classe politique collabore avec les institutions
européennes, même si cela signifie une limitation importante de la
souveraineté nationale, et même si cela doit se faire contre les intérêts des
Français et de la France. Les représentants de la Nation ont fait leur choix
le 4 février 2008 en approuvant la révision de la Constitution pour permettre
la ratification du traité de Lisbonne, reprenant les points importants du
projet de Constitution européenne. En tant que classe politique, non
seulement les élus ne représentent plus leurs électeurs, mais ils semblent
bien loin du souci de l'intérêt général ou du bien public. De fait, pour
faire carrière, et sans projet réel de société à défendre, ils se doivent
d'être aux ordres de leurs partis respectifs.
La crise sociale de
la France est directement le produit de la crise morale de sa classe
politique, laquelle accepte avec une grande facilité une formidable
dégradation des conditions de vie, avec son nombre croissant de "sans
domicile fixe", de personnes qui meurent de froid ou de faim, d'individus
fréquentant les œuvres caritatives ou obligés de mendier, voire de faire les
poubelles pour survivre. Avec, en fin de parcours, comme issue ultime, le
suicide.
Deuxième partie
Beaucoup de
Français ont pris subitement conscience du danger que représente, pour leur
avenir, le fait que la pension de retraite pour laquelle ils cotisent,
cotiseront ou ont cotisé toute leur vie de travail soit considérée comme
étant une prestation sociale relevant de la rubrique risque
"vieillesse-survie" et non un droit engendré par leurs cotisations.
Autrement dit, ils commencent à comprendre en quoi une retraite par
répartition diffère d'une retraite par capitalisation.
Du seul fait que la
retraite ait le statut de prestation sociale, l'État peut en disposer comme bon
lui semble. Ce qui a évidemment de quoi inquiéter les travailleurs et ceux
qui sont déjà pensionnés, d'autant plus que le projet du président Macron et
de son groupe est manifestement de réduire au maximum le montant de leurs
pensions. Pour justifier sa politique, le pouvoir invoque la justice et
l'égalité, ce qui ne manque pas de cynisme et en révolte plus d'un. La
situation paraît d'autant plus désespérée qu'il y a des précédents en Europe
et que nous sommes face à une réelle convergence entre les exigences de la
Commission européenne et les projets du chef de l'État. À cela, rien
d'étonnant, puisque les deux institutions servent les mêmes maîtres. La
situation de départ est donc très différente de ce qu'elle était en Grèce en
2015. Et l'inquiétude est d'autant plus grande que les conséquences de la
conversion forcée d'un pays à l'ultralibéralisme sont désormais connues : un
peuple en grande souffrance, une importante dégradation du système de santé
et une forte augmentation du nombre de suicides (10).
Une politique
imposée à un pays, et dont on sait qu'elle va avoir des conséquences
désastreuses sur la population et détruire de nombreuses vies, mérite bien le
nom de criminelle. Il y a de la "novlangue" à parler de
"crise" pour désigner les conséquences de la politique dévastatrice
que l'UE a imposée à la Grèce. Des Grecs particulièrement amers, et on les
comprend, n'hésitent pas à écrire que leur pays a été transformé par la
Commission européenne en "stratópedo synkéntrosis" (camp de
concentration).
Les Espagnols, les
Italiens et les Portugais ont subi les mêmes tourments, mais à des degrés
moindres. Et les Français ont de quoi être inquiets, car la politique menée
par Emmanuel Macron et LREM est profondément antisociale ; on pourrait même
dire qu'elle est une attaque en règle menée par les ultra-riches contre les
travailleurs. Que fait l'État pour lutter contre l'évasion fiscale (60 à 80
milliards selon les sources) et contre l'optimisation fiscale (6,5 milliards)
? Quid des 20 milliards annuels du CICE (le Crédit d'impôt pour la
compétitivité et l'emploi, voté en 2012), transformé en 2019 en allègement
des charges sociales patronales et dont l'essentiel finit dans les poches des
actionnaires, et des 6,5 milliards annuels du CIR (le crédit d'impôt en
faveur de la recherche), dont l'emploi paraît plus qu'obscur ? L'État offre
tant de milliards aux ultra-riches et n'a pas de quoi compenser le déficit
des caisses de retraite, qui devrait se situer entre 8 et 17 milliards
d'euros en 2025, et ce pour l'ensemble des régimes (selon un rapport du
Conseil d'orientation des retraites) ! Cette situation a fait dire à
l'économiste Michaël Zemmour, en octobre 2019 : "Le système actuel a un
petit déficit, de l'ordre de 10 milliards d'euros, sur 300 milliards. Il est
donc, somme toute, équilibré... Il n'est pas du tout question d'un système
qui serait à découvert et dont il faudrait éponger les dettes. Le problème,
c'est que depuis des années, pour l'équilibrer, on fait baisser les pensions.
(11)"
Quant aux dépenses
publiques, leur explosion est moins due aux prestations sociales qu'à la
crise des subprimes aux États-Unis (2007-2011), dans laquelle les banques
européennes ont été fortement impliquées. Jusqu'en 2008-2009, les dépenses
publiques ont été globalement stables en France. En 2007, elles étaient à
52,3 % du PIB. Pendant la crise, elles sont passées de 52,9 % du PIB en 2008
à 56,2 % en 2009 et 2010. ATTAC (12) note que l'augmentation de 2009 est liée
: 1) au plan de relance économique (6,6 milliards de prêts et subventions à
l'automobile, 13,3 milliards de "soutien à l'activité et l'emploi",
18,2 milliards de "soutien à la trésorerie des entreprises" et 9,8
milliards d'investissements publics) ; 2) au plan de sauvetage des banques
(prêts aux banques de 120 milliards d'euros, avec un remboursement partiel)
et à d'autres opérations de soutien aux établissements financiers ; 3) aux
dépenses sociales (5 milliards de plus pour l'indemnisation du chômage entre
2008 et 2009).
Si le malaise
actuel des Français est directement lié à un avenir bouché, leur angoisse
vient aussi, pour beaucoup, de ne plus pouvoir faire confiance à leurs élus
et aux institutions. De là, ils anticipent le pire. Ils se sentent trahis et
trompés et vont crier dans la rue leur haine et leur mépris pour la classe
politique, mais ils ne reçoivent comme seule réponse qu'une violence
policière dont les excès laissent à penser qu'il s'agit, avant tout, pour les
forces de l'ordre, de faire régner une terreur dissuasive. Les Français ont
donc face à eux un chef de l'État qu'ils perçoivent comme étant le président
des riches, ou des "très riches", selon l'expression de l'ancien
président François Hollande, et qui se maintient au pouvoir grâce à une
répression militaro-policière féroce. Les policiers seront récompensés de
leur zèle en échappant au nouveau régime de retraite, non sans avoir menacé
de faire grève eux aussi.
La condition faite
aux travailleurs pauvres les empêche de vivre dignement avant de les tuer.
Est-ce du malthusianisme ? De l'eugénisme déguisé ? Du darwinisme social ? En
tout cas, c'est de l'IVG au sens que le professeur Lejeune (13) a donné à cet
acronyme : interruption d'une vie gênante. Le mépris de la classe politique
et des nantis pour la vie de ceux qu'ils considèrent comme n'étant rien, des
êtres inférieurs dont la mise en souffrance jusqu'à ce que mort s'ensuive
semble se justifier par la seule quête du profit, est une constante qui a
connu ses jours de gloire avec le nazisme, idéologie dont les racines
plongent dans les idées libérales des 18e et 19e siècles. Le passé de
l'Europe empêche encore, pour le moment, les dirigeants actuels de pousser
vers les chambres à gaz ceux qu'ils considèrent comme des déchets ; ils
recourent alors à la méthode française, qui a consisté à laisser mourir de
faim plus de 40 000 personnes considérées comme atteintes de maladie mentale,
dont Camille Claudel (14). Encore que, dans cette extermination que certains
ont osé qualifier de "douce", l'indifférence pour des bouches considérées
comme inutiles et folles semble avoir été le facteur déterminant plutôt que
l'euthanasie.
Que les élus et la classe politique puissent
être considérés comme étant essentiellement dépourvus de sens moral est une
représentation somme toute classique, mais la succession d’affaires et de
scandales qui ont marqué la vie politique française depuis 2017 a pu donner à
cette représentation, qu'on pouvait penser imaginaire, une apparence de
réalité. Aujourd'hui, c'est le ministre qui a rédigé la
réforme des retraites qui, sous la pression de l'opinion publique et de l'opposition,
doit démissionner. À peine Macron élu, les Français ont compris qu'il s'était
ouvertement moqué d'eux en se faisant élire sur la promesse d'une
moralisation de la vie politique. Il faut aussi une bonne dose de mépris pour
présenter la réforme des retraites comme étant juste et bénéfique pour les
travailleurs. Mais les Français ont donc fini par se méfier de ceux qu'ils
ont élus — pas tous les Français, évidemment, mais toujours davantage. C'est
qu'il faut beaucoup de mensonges pour convaincre un peuple qu'on gouverne
pour son bien-être alors qu'il est évident que c'est tout le contraire. Le
président Macron, c'est plus Torquemada expliquant aux hérétiques qu'il les met
au bûcher dans le seul but de sauver leur âme, que Machiavel. Et c'est sans doute
pour cette raison que certains opposants politiques ont pu le qualifier de "prédateur",
formule qui, à leurs yeux, résume la logique d'une société libérale
darwinienne dans laquelle la politique serait totalement subordonnée au
profit. Mais à trop pressuriser les petits, ceux-ci finissent par se
révolter. Reste alors la violence pour les maintenir à genoux, ce qui n'est
pas franchement un succès si l'on prend comme critère de réussite le progrès
social et les valeurs humaines. Ce qui hiérarchise désormais les individus
dans l'UE, ce n'est plus la race, comme dans l'Europe nazie, mais l'argent.
Ce qui n'est guère mieux.
Pendant que les
Français se plaignent de la baisse de leur pouvoir d'achat, la rétribution
des actionnaires augmente. Ce qui permet au journal La Tribune de publier, le
19 août 2019, sur son site : "Alors que la conjoncture mondiale cumule
les déboires, les dividendes versés aux actionnaires au deuxième trimestre
2019 affichent un nouveau record, selon une étude d'une société de gestion de
fonds américaine. Ils ont atteint la somme folle de 514 milliards de dollars.
Avec 51 milliards de dollars de dividendes, la France conforte sa place de
meilleur rémunérateur d'actionnaires en Europe." (15) Par la même
occasion, nous apprenons que la rétribution des actionnaires a augmenté de
5,3 % en France, alors qu'en Allemagne elle a baissé de 11 %. Le gouvernement
peut ainsi affirmer aux Français qu'ils se trompent quand ils se plaignent
que leur pouvoir d'achat a diminué et qu'au contraire il a augmenté. Sans
être forcément fausse, cette affirmation n'est pas très honnête, car le
Premier ministre est bien placé pour savoir que la baisse du pouvoir d'achat
des ménages a été compensée par les milliards supplémentaires engrangés par
les actionnaires du CAC 40. C'est ce que l'économiste Alexandre Delaigue
appelle l'effet "Bill Gates entre dans un bar" : si le fondateur de
Microsoft pénètre dans un café, le pouvoir d'achat global des consommateurs
présents dans le bar augmente fortement, mais, pris individuellement, il
reste inchangé.
L'imposition des
dividendes au taux global unique de 30 % (PFU, ou flat tax) est un beau
cadeau fait aux milliardaires, avec une imposition au titre de l'impôt sur le
revenu à 12,8 % et des prélèvements sociaux se montant à 17,2 %. Ce qui
permet à Forbes d'écrire : "L'introduction de la flat tax est un message
fort à destination des entrepreneurs et investisseurs, ce système
d'imposition leur étant globalement favorable. (16)" Ajoutons à cela la
suppression de l'impôt de solidarité sur la fortune et son remplacement par
l'impôt sur la fortune immobilière, et l'on constatera que les 0,1 % ont
largement rentabilisé les politiques menées en leur faveur. Le revenu des 0,1
% des Français les plus riches a ainsi augmenté d'environ 23 000 euros en
moyenne, écrit Guillaume Duval dans Alternatives économiques du 21 octobre
2019 (17). Le même constate que "les mesures prises en 2018 par Emmanuel
Macron ont surtout profité aux très riches : la transformation de l'impôt de
solidarité sur la fortune (ISF) en impôt sur la fortune immobilière (IFI)
coûte 3,2 milliards d'euros par an aux finances publiques, tandis que la mise
en place du prélèvement forfaitaire unique (PFU) sur les revenus du capital a
entraîné une perte de recettes de 1,4 milliard d'euros..." Dans le même
temps, le taux de pauvreté a progressé de 14,1 % en 2017 à 14,7 % en 2018.
Selon les calculs de l'Observatoire français des conjonctures économiques
(OFCE), c'est le pouvoir d'achat des retraités disposant de plus de 2 000
euros par mois et par foyer qui a le plus baissé : 4,8 millions de ménages
retraités devraient y perdre lors de la mise en place des mesures socio-fiscales.
Parmi ces 4,8 millions, les personnes retraitées vivant seules subiraient une
perte moyenne de 240 euros par an en 2019, tandis que pour les couples
retraités celle-ci atteindrait 390 euros par an en moyenne (18). Voilà une
bonne avancée dans la fabrique des nouveaux pauvres.
___________________________
1) http://www.le-blog-de-roger-colombier.com/article-la-pauvrete-n-est-pas-un-chatiment-divin95770548.html
2) http://sante-grece-67.fr/2018/10/grece-l-austerite-tue-en-voila-les-chiffres.html
; https://www.cairn.info/revue-sante-publique-2015-1-page-5.htm
3) https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2018/12/13/non-la-loi-pompidou-giscard-rothschild-de-1973-n-a-pas-cree-la-dette-francaise_5397066_4355770.html
4) https://www.marianne.net/economie/reforme-des-retraites-ces-24-milliards-qui-resoudraient-le-deficit-une-fois-pour-toutes
5) Dans le cadre du semestre européen, la
Commission européenne et le Conseil de l'UE ont adressé, en juin et en
juillet 2019, leurs dernières recommandations économiques pour la France. Les
deux institutions soutiennent notamment la réforme des retraites prévue par
l'exécutif. Elle serait de nature à "contribuer à alléger la dette
publique à moyen terme". https://www.touteleurope.eu/actualite/retraites-la-reforme-du-systeme-francais-encouragee-par-l-union-europeenne.html
6) http://www.psychomedia.qc.ca/psychologie/2015-02-03/grece-austerite-augmentation-des-suicides
7) Pour en savoir davantage : https://blogs.mediapart.fr/mehdi-zaaf/blog/050412/le-symptome-dimitris-christoulas
8) Paul Anthony Taylor, Aleksandra
Niedzwiecki, Matthias Rath, August Kowalczyk, Les racines nazies de l'Union
européenne de Bruxelles, éd. Dr. Rath Education Services B.V., 2011. Annie
Lacroix-Riz, Aux origines du carcan européen (1900-1960). La France sous
influence allemande et américaine, Paris, Delga-Le Temps des cerises, 2e
édition, 2015 ; Scissions syndicales, réformisme et impérialismes dominants
(1939-1949), Montreuil, Le Temps des cerises, 2015.
9) https://www.humanite.fr/les-creanciers-disent-tsipras-pas-touche-aux-riches-578062
10) https://lexpansion.lexpress.fr/actualite-economique/des-chercheurs-etablissent-un-lien-entre-suicides-et-austerite-en-grece_1510489.html
11) https://www.bastamag.net/greve-5-decembre-retraites-deficit-intox-rapport-COR-cotisation-pension
12) https://local.attac.org/paris15/documents/dette/detteclip3.pdf.
En septembre 2015, un communiqué de la FBF (Fédération bancaire française),
faisant suite à une étude de la BCE, se voulait absolument catégorique :
"La France est l'un des rares pays de la zone dans lequel la crise
bancaire n'a pas eu d'impact significatif sur le déficit et la dette
publics." Et de souligner que l'État a gagné, dans le sauvetage
bancaire, 2,3 milliards d'euros d'intérêts. La conclusion du lobby bancaire
est sans appel : "L'augmentation de la dette publique française de 31,1
% du PIB sur la période 2008-2014 n'est donc pas liée aux mesures de soutien
aux banques françaises." Le communiqué était d'ailleurs titré :
"Crise bancaire : aucun impact sur les finances publiques en
France." Si la dette augmente, il faut regarder ailleurs — évidemment,
du côté des dépenses publiques, autrement dit des fonctionnaires et des
transferts sociaux. http://www.cadtm.org/Crise-de-2008-la-vraie-facture-laissee-par-les-banques-a-la-France
13) "Les initiales IVG ont une
signification terrible : interruption d'une vie gênante. Et l'âge n'y fait
rien. Les vieillards sont aussi menacés que les plus jeunes." Citation
du professeur Lejeune, qui s'est battu toute sa vie pour les enfants
trisomiques. En 1958, il démontra pour la première fois au monde un lien
entre la présence d'un troisième chromosome 21 et le mongolisme. http://www.amislejeune.org/index.php/fr/jerome-lejeune-et-son-oeuvre/sa-vie/biographie
14) "Camille Claudel meurt à l'asile de
Montfavet le 19 octobre 1943, à 2 h du matin, d'un ictus apoplectique,
vraisemblablement par suite de la malnutrition sévissant à l'hôpital, à l'âge
de 78 ans. Deux mois avant la mort de Camille Claudel, le directeur de
l'hôpital psychiatrique avait affirmé à Paul Claudel : 'Mes fous meurent
littéralement de faim : 800 sur 2 000.' En août 1942, il lui écrivait que
l'état général de Camille Claudel 'a marqué un fléchissement net depuis les
restrictions qui touchent durement les psychopathes. Votre sœur [...] en juillet,
a dû être alitée pour œdème malléolaire en rapport avec une carence et le
déséquilibre alimentaire.' Selon Max Lafont, entre 1940 et 1944, 40 000
malades mentaux meurent de faim dans les hôpitaux psychiatriques en
France." http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Camille_Claudel
15) https://www.latribune.fr/bourse/dividendes-nouveau-record-en-france-malgre-le-ralentissement-825997.html.
De son côté, Le Revenu publie : "Selon des calculs de FactSet recoupés
par Le Revenu, les grandes sociétés de la cote française s'apprêtent à
distribuer cette année plus de 50 milliards d'euros à leurs actionnaires, un
record !" https://www.lerevenu.com/bourse/dividendes-vers-un-record-en-2019-avec-plus-de-50-milliards-deuros-distribues-par-le-cac-40
16) https://www.forbes.fr/finance/flat-tax-macron/
17) https://www.alternatives-economiques.fr/a-profite-politique-demmanuel-macron/00090717
18) https://www.ofce.sciences-po.fr/blog/10789-2/
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