| Le mythe de la démocratie française |
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Le mythe de la démocratie française
Claude Kessler
(première rédaction en 2021, avec des ajouts ultérieurs)
"Les citoyens qui se nomment des représentants renoncent et doivent renoncer à faire eux-mêmes la loi ; ils n’ont pas de volonté particulière à imposer. S’ils dictaient des volontés, la France ne serait plus cet État représentatif ; ce serait un État démocratique. Le peuple, je le répète, dans un pays qui n’est pas une démocratie (et la France ne saurait l’être), le peuple ne peut parler, ne peut agir que par ses représentants."
L'abbé Sieyès, Discours du 7 septembre 1789.
Parler à la place de quelqu'un, ce n'est pas porter sa parole, c'est le réduire au silence. Et ainsi fut fait. Pourtant, les politiques et les médias ne cessent de qualifier la France de démocratie, et nombreux sont les habitants, ni peuple, ni citoyens, qui s'accrochent désespérément à cette illusion et refusent de reconnaître qu'ils sont assujettis à une véritable dictature de la bourgeoisie, une dictature libérale, "libéral" non au sens de la liberté des personnes, mais de la liberté laissée aux puissants d'exploiter et d'opprimer ceux qui dépendent d'eux. Cependant, la prise de conscience est en marche, et se traduit par toujours plus de refus d'être les complices de cette mascarade. De plus en plus nombreux sont ceux pour qui ne pas voter est devenu un devoir moral.
La surdité du pouvoir politique rend vaine toute parole alors que les représentants de la Nation ne représentent plus qu'eux-mêmes et les intérêts de leur caste, au détriment de la France et des Français. Le but de nos prétendues démocraties n'est pas de donner la parole aux peuples, même par l'intermédiaire de représentants, mais de contrôler les populations par la propagande et la manipulation psychologique ou, à défaut, par la violence.
Si la démocratie est une illusion, c'est que la démocratie représentative, telle que nous la connaissons, mène inévitablement à une impasse, quand ce n'est pas à une escroquerie.
Que les politiques et les médias de propagande parlent de démocratie, bien qu'ils ne soient pas dupes de leur fable, et comment pourraient-ils l'être, n'a rien d'étonnant. Il s'agit pour eux d'entretenir l'illusion chez le peuple que sa parole compte et que sa participation au pouvoir n'est pas qu'une illusion. Il s'agit de convaincre l'esclave qu'il est son propre maître.
Le plus étrange est qu'une grande partie de la population adhère encore à cette mystification, et même s'y accroche désespérément. Pourquoi ce déni d'une réalité qui s'impose avec la force de l'évidence ? Nombreux sont ceux pour qui la France est une démocratie parce que cela leur a été enseigné à l'école et se dit dans les médias, cela s'écrit et se proclame, comme l'existence de Dieu et la promesse de l'immortalité. L'homme de la rue ne sait donc pas trop ce qu'est une démocratie, et s'imagine que cela se réduit à choisir le Léviathan qui prétend le protéger, quitte à le dévorer, sans autre liberté que celle de ne pas voter. Ceux qui ont compris que cette démocratie n'est qu'une supercherie défilent dans les rues pour réclamer un gouvernement du peuple par le peuple, autrement dit rester les maîtres de ceux qui les gouvernent.
C'est l'idée même de représentation qui mène à une impasse. Comment représenter plusieurs millions de personnes ? L'art de gouverner se réduit alors à celui de conserver le pouvoir grâce au soutien des puissances d'argent. Les "représentés" sont ainsi sacrifiés aux intérêts des "représentants" et de leurs commanditaires. Autrement dit, ceux qui gouvernent représentent bien quelqu'un, mais pas leurs électeurs. On dit qu'ils représentent la Nation, mais cette Nation semble bien se limiter aux actionnaires des grandes entreprises, dont beaucoup ne sont pas français, et dont les intérêts pèsent sur les décisions plus que ceux des électeurs. Après, il faut bien reconnaître que beaucoup de gens ordinaires semblent se complaire dans une situation qui les infantilise et les déresponsabilise. Nombreux sont ceux qui se contentent de rêver leur vie, comme si la vie sur terre n'était qu'un mauvais moment à passer, un châtiment dit la Bible.
Faire croire que nous vivons en démocratie est l'une des grandes réussites du marketing politique. Bernays, neveu de Freud, théorisait dès 1928 l'organisation des opinions ; Herman et Chomsky ont décrit la fabrique du consentement par les médias. Le procédé n'est pas neuf : l'Église avait compris bien avant les psychologues qu'on gouverne les corps en captant les âmes. L'Inquisition a pris le chemin inverse en contraignant les corps pour obtenir les âmes. Jean Ferrat a chanté cette alliance dans "Le Sabre et le Goupillon" : "Les peuples n'avaient plus à s'poser de questions. Et quand ils s'en posaient, c'était déjà trop tard…"
La rhétorique de la justification de la démocratie dite représentative n'a qu'un but : convaincre les Français d'accepter d'être privés d'une souveraineté qui leur a été au préalable reconnue. L'idée sur laquelle elle repose est simple et pourrait être résumée en une seule phrase : le peuple, disons les Français, est incapable de se gouverner lui-même, il est nécessaire qu'une élite prenne les choses en main et gouverne à sa place. On connaît la métaphore du berger et de son troupeau, il y a aussi celle de l'incapable majeur placé sous tutelle. La question n'est pas de savoir si cette vision du citoyen comme "incapable" est justifiée ou non, mais de saisir le glissement qui fait qualifier de démocratie la mise sous tutelle de tout un peuple, sachant que lui laisser la possibilité de choisir qui sera son tuteur n'y change pas grand-chose, d'autant que le choix est bien encadré (parrainages, financement des partis, etc.). Le recrutement de la classe politique est socialement endogamique. L'Assemblée nationale ne ressemble pas au pays : en 2022, les ouvriers et les employés, qui forment près de la moitié de la population active, n'y représentaient que 6 % des députés, alors que les cadres et professions intellectuelles supérieures en comptaient environ 70 %.
Le sophisme qui occulte la réalité du champ politique français s'exprime pleinement dans ce texte officiel d'information sur la vie publique française : https://www.vie-publique.fr/parole-dexpert/270252-la-souverainete-nationale. On commence par nous rappeler que la république est "le gouvernement du peuple par le peuple, pour le peuple (article 2 de la Constitution)", pour préciser ensuite que l'exercice de la souveraineté nationale est délégué par les citoyens à des représentants élus. C'est bien dans ce tour de passe-passe qui mène de la souveraineté populaire à la souveraineté nationale, du peuple à la nation, que se trouve le "truc" qui permet d'affirmer une chose et son contraire et de présenter une oligarchie comme étant une république démocratique. Mais cela n'a rien d'étonnant, le langage politique étant en tout point assimilable à celui du marchand essayant de nous faire prendre des vessies pour des lanternes. Nous avons aussi l'expérience de l'ancienne RDA, la République démocratique d'Allemagne, qui a été un véritable État totalitaire.
Mais revenons à notre texte d'information. Il commence par affirmer que dans une démocratie le pouvoir est détenu par le peuple. C'est là effectivement le sens littéral de l'expression "démocratie". Puis le terme de nation est substitué à celui de peuple, la nation étant définie comme étant "le peuple, constitué en un corps politique". Ce qui revient à dire que le peuple n'est qu'une idée, un concept. De là, on nous cite l’article 3 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789 qui énonce : "Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la nation."
La suite du texte nous fait comprendre que le peuple constitué en corps politique, c'est en fait le peuple privé de la souveraineté, celle qui lui était pourtant reconnue précédemment. Exit la souveraineté populaire et entre en scène la souveraineté nationale exercée par les représentants du peuple. Ce qui vient justifier cette amputation, ce sont "les contraintes de l’exercice du pouvoir" qui "impliquent que cette souveraineté soit déléguée : le peuple, bien que constitué en corps politique, ne peut en effet délibérer directement sur les affaires publiques. Cette mission est donc confiée à des représentants élus, dont les décisions constituent l’expression de la volonté générale." Voilà donc la formule magique qui justifie que la république ne soit pas une démocratie. On peut même aller plus loin et dire, en se référant à l'article 2 de la Constitution, que la République n'est pas une république.
On pourrait penser que les représentants élus représentent le peuple et que leurs décisions constituent l'expression de la volonté générale. Pas du tout : ces représentants bénéficient "d’une véritable autonomie dans la prise de décision", nous dit-on. Ce qui veut dire qu'une fois élus, ils font ce qu'ils veulent d'où "L'interdiction du mandat impératif [...] car un tel principe reviendrait à lier le représentant à la volonté des représentés. Le représentant ne ferait alors que traduire la volonté exprimée par les électeurs, sans pouvoir se prononcer en conscience." Mais parler de "conscience" en politique soulève bien d'autres questions, surtout avec des "godillots".
L'absence de référendum d'initiative populaire (RIP, à ne pas confondre avec le référendum d'initiative partagée) en France ne fait que confirmer la volonté d'un gouvernement oligarchique ayant à sa tête un "dittatore". Pourtant, ce RIP existe au niveau national dans 36 pays selon les universitaires Raul Magni-Berton et Clara Egger et dans une quarantaine de pays selon le site direct-democracy-navigator.org, de l'université de Wuppertal, en coopération avec Democracy International et l'Institut des initiatives et référendums en Europe (voir https://fr.wikipedia.org/wiki/Initiative_populaire).
En conclusion : la nation, c'est le peuple castré, privé de son pouvoir, réduit à l'impuissance, le peuple sous tutelle. Quant aux élus, ils sont gouvernés par leurs propres ambitions et prennent leurs ordres de leurs partis politiques respectifs. Ce qui manque aux Français, c'est une véritable éducation politique, et pour l'instant ne pas voter, c'est pour eux refuser la position masochiste qui leur est assignée. Mais ces représentants de la nation sont eux-mêmes bien impuissants puisque leur pouvoir se limite trop souvent à donner une forme de loi aux ordres du gouvernement et du Chef de l'État ou encore aux directives émanant de la Commission européenne.
L'utilité politique du concept de démocratie en république est la même que la référence à la volonté divine en monarchie. La référence à la volonté populaire a succédé à la volonté divine pour légitimer l'appropriation du pouvoir et des richesses d'un pays par une petite minorité le jour où la bourgeoisie a remplacé la noblesse comme classe sociale dominante. Et ainsi le pouvoir attribué au peuple se réduit au pouvoir de quelques-uns.
Comme il est apparu de plus en plus évident à un nombre croissant de "citoyens" que ceux qui gouvernent ne représentent que bien imparfaitement, si ce n'est pas du tout, la volonté générale, l'ultime recours, tout juste avant la répression militaro-policière, a été d'inventer une prétendue élite qui aurait seule le savoir nécessaire à assurer une bonne gouvernance. Ce qui est faire preuve d'un certain cynisme quand on voit le fiasco politique, économique et sociétal actuel de la France. De fait, cette élite a prouvé son incompétence en même temps que son manque d'empathie à l'égard d'une population largement en souffrance. Ceci pour le peu qu'elle gouverne encore, car pour l'essentiel les élus se contentent d'obéir aux décisions de la Commission européenne. La négation de la démocratie par la république se traduit pleinement dans l'étagement pyramidal de l'État de droit. Nous avons à la base de cette pyramide toutes les normes auxquelles un individu ordinaire est soumis, puis, en montant vers son sommet, le carcan des obligations légales et des interdits se réduit. Au plus haut niveau, nous trouvons une petite minorité d'individus qui échappent, pour la plupart, autant à la loi qu'à la justice, c'est-à-dire les ultra-riches, les leaders politiques et les bandits de haut vol.
Le terme de "république" mériterait la même déconstruction que celui de "démocratie" puisqu'il se voit vidé de son sens profond de gouvernement au service du bien commun et d'un projet partagé par ceux qui ont souscrit au contrat social qui fonde le "vivre ensemble", pour en venir à désigner uniquement un régime sans souverain héréditaire. Les valeurs et les principes dits républicains restent peut-être un idéal pour certains, mais du côté de la classe politique, ils relèvent avant tout d'une promesse faite, mais jamais tenue. C'est à juste titre que Maxime Tandonnet a pu écrire en 2015 (1) : "Le régime politique français, depuis quelques décennies, sublimant les jeux de personnes au détriment des projets et de l'intérêt général, ressemble bien plus à une monarchie décadente, celle des derniers Mérovingiens, qu'à la République au sens le plus noble du terme." La maladie n'a fait que s'aggraver depuis.
En ce début de l'année 2023, les Français n'ont plus trop à se demander s'ils vivent dans une démocratie ou une monocratie que l'on ne saurait trop comment qualifier : dictature constitutionnelle ou républicaine, voire monarchie républicaine. À l'évidence, les Français vivent une dictature à laquelle ils consentent. Des choix fondamentaux pour leur avenir sont faits par le seul pouvoir exécutif, sans débat parlementaire, à coups de 49.3, dix depuis la nomination de Mme Borne comme Premier ministre, là où un référendum aurait été le bienvenu. La France ressemble de plus en plus à un pays gris et poussiéreux qui nous rappelle la DDR. Voilà un fait établi, la France est une dictature consentie. Mais là n'est pas la question. Ce qui nous interroge est ailleurs : pourquoi continuer à parler de démocratie pour qualifier le régime politique français ? La première réponse est évidemment l'habitude : cela fait tellement longtemps que les Français entendent le mot France associé à celui de démocratie que c'est devenu un réflexe pavlovien. Et le réflexe exclut la pensée. Détourner le sens des mots pour manipuler la population n'est pas seulement un stratagème pervers utilisé dans les pays totalitaires.
Mais il y a une autre raison pour laquelle les Français se voilent la face et qui est leur orgueil. Ils sont trop orgueilleux, trop narcissiques, pour reconnaître qu'ils acceptent de vivre menés en bateau, enchaînés, par un pouvoir dictatorial. Soit, ces chaînes sont différentes de celles que portent nos voisins vivant dans des dictatures totalitaires, mais elles n'en existent pas moins. Les entraves sont différentes parce que les Français ne représentent aucun danger pour le pouvoir en place. En récompense pour leur docilité, ils bénéficient de quelques libéralités, ce qui leur permet de s'imaginer heureux. "Je consomme, donc je suis."
Il est difficile d'accepter l'idée qu'on a vendu sa liberté, qu'on s'est vendu soi-même comme une marchandise sur le grand marché des illusions. Il fallait choisir : la liberté d'être soi ou le confort. Et nous avons choisi de sacrifier ce qui fait notre humanité, celle-ci étant ce qui fait que l'homme n'est pas simplement une machine biologique. Nietzsche a-t-il eu tort de chanter que "Dieu est mort" ? N'est-ce pas plutôt l'Homme qui est mort ? Ou les deux sont-ils indissociables ?
Nombreux sont ceux qui se soumettent par peur d'une répression qui se montre proportionnelle au degré de révolte. Ils savent bien que s'ils devaient mettre le pouvoir en danger, ils seraient abattus comme le sont partout ailleurs sur la planète tous ceux qui essaient de relever la tête. Ils se trouvent face à une nouvelle version du choix forcé qui est : "La démocratie ou la vie." S'ils choisissent la démocratie, ils perdent les deux. Eh bien, ils ont choisi la vie et ont perdu la démocratie, mais continuent à croire en elle comme l'amputé à l'illusion du membre fantôme !
Mais la vraie démocratie, celle que personne ne rencontre dans la réalité, le concept donc, l'idéal, c'est quoi ?
En quelques points :
1) C'est la séparation des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire. Mais actuellement en France, un seul individu et son groupe (LREM) cumulent l'ensemble des pouvoirs, c'est ce que Montesquieu appelle despotisme. 2) C'est un gouvernement dans l'intérêt du bien commun alors qu'en France Macron et son groupe gouvernent dans l'intérêt exclusif des ultrariches (0,1 % de la population). La situation a bien évolué depuis l'après-guerre et n'est guère différente de celle des États-Unis (2).
3) Ce sont des élections libres, des élections basées sur le libre choix défini par Descartes comme choix éclairé, et non un choix manipulé par la propagande et fait par des électeurs induits en erreur et trompés. Il y a eu 2 Macron : le candidat et celui qui a été élu : deux versions différentes du même.
4) C'est un État de droit, ce qui est inconciliable avec la corruption à laquelle nous assistons (des individus plus préoccupés par leurs intérêts personnels ou de caste que par le bien public) et une réelle inégalité devant la loi et la justice. Les violences contre des manifestants pacifiques, violences largement cautionnées par le pouvoir politique et dont le but est d'installer un climat de peur afin de dissuader les Français de se prévaloir d'un droit constitutionnel, sont difficilement conciliables avec l'idée que l'on peut se faire d'un État de droit. Il en va de même pour ce qui est des inégalités devant une justice d'État et pour le détournement des institutions au profit d'une minorité de nantis. C'est le plus fort, le plus riche, le mieux armé qui finit par imposer sa volonté à la loi et à la majorité de la population.
5) Dans une démocratie, le peuple ne doit pas être exclu des choix politiques (on a vu comment le NON au référendum sur le projet de Constitution européenne a été contourné par la ratification parlementaire du traité de Lisbonne). Le Conseil constitutionnel qui, outre le contrôle de la conformité des traités internationaux à la Constitution, a pour mission de contrôler le Parlement, mais non le gouvernement et encore moins le président de la République, a gravé dans le marbre la dérive antidémocratique de la France en décidant qu'une loi référendaire pouvait être modifiée ou abrogée par une loi parlementaire, ce qui est à l'opposé de la volonté des créateurs de la 5ème République qui était de faire prévaloir le principe de la souveraineté populaire sur la volonté du Parlement. Quant aux traités internationaux, quand ils contreviennent aux dispositions de la Constitution, celle-ci se voit modifiée en conséquence.
Nos "amis" qui réclamaient, il y a quelque temps encore, le RIC ou référendum d'initiative citoyenne, sont soulagés : le projet de référendum sur la régulation des flux migratoires porté par Emmanuel Macron a été abandonné, faute de consensus politique permettant d'élargir le champ de l'article 11 de la Constitution, le RN étant alors, parmi les participants à la réunion de Saint-Denis, le seul à défendre explicitement ce référendum.
Des sociologues (3) nous expliquent que "le recours au référendum ne se réduit pas à une simple technique institutionnelle : il mobilise et constitue le peuple-souverain qui peut tomber dans le piège de sa toute-puissance", et de nous mettre en garde contre la menace que représenterait l’exercice illimité d'une souveraineté populaire, risquant de se retourner en tyrannie. Le danger de la démocratie directe résiderait donc dans ce qu'ils appellent la "conception absolutiste de la souveraineté populaire". On peut effectivement imaginer la volonté populaire accoucher d'une dictature, voire d'un État totalitaire. N'en reste pas moins que la République de Weimar, qui a amené Hitler au pouvoir, était une démocratie représentative. Le peuple se donnant un dictateur, ce serait plutôt la Constitution française de 1958 modifiée en 1962, avec un Président de la République élu au suffrage universel (4).
Le refus du recours au référendum sur l'immigration des représentants des formations politiques - à l'exception du RN - vient du fait que ces professionnels de la gestion du pouvoir se doutent bien qu'en l'espèce, ils ont perdu la maîtrise d'une population qui ne cache pas qu'elle réclame une politique limitant fortement l'immigration avec un contrôle sévère des entrées sur le territoire 5, ce qui est aussi le programme du RN.
En conclusion : la démocratie directe, c'est bien quand le peuple est sous contrôle et instrumentalisable à volonté, un peuple consentant à sa mise sous tutelle, sans rêve d'émancipation.
6) Ce n'est pas parce qu'on jouit encore de quelques libertés et qu'on n'est pas emprisonné dès que l'on critique le pouvoir, qu'il y a démocratie. L'autre façon de museler le peuple, c'est d'être sourd à ce qu'il dit.
Nombreux sont les Français qui croient que leur pays est une démocratie, alors que leur pouvoir se limite à choisir, lors d'élections sous influence, ceux qui vont les tenir en laisse. S'ils ont cette illusion, c'est en grande partie parce que leur pays n'est pas un État totalitaire, et rien n'indique qu'il le devienne. Mais une dictature n'est pas forcément totalitaire, et la Constitution donne à l'exécutif des moyens considérables (article 16, état de siège, état d'urgence, ordonnances, 49.3), dont l'usage dépend surtout de la volonté de ceux qui l'exercent et de la résistance des contre-pouvoirs. Les évènements de ces dernières années, d'abord les Gilets jaunes puis la Covid, ont montré que les libertés dont les Français bénéficient ne sont pas des droits immuables. On a vu que le recours à une violence policière semant la terreur pouvait être un antidote efficace au droit de manifester, auquel est pourtant reconnue une valeur quasi constitutionnelle. De même, la mise en place d'un pass vaccinal nous a montré qu'une partie importante de la population pouvait être facilement discriminée et privée de ses droits fondamentaux par une décision de l'Exécutif travestie en loi par le Parlement. Une liberté qui peut être limitée ou supprimée d'un simple coup de crayon n'est plus un droit, mais une aumône. Reste le pouvoir des juges que le dogme républicain affirme indépendants du pouvoir politique. Mais leur rôle se limitant à l'application des lois, en servant les lois, ils servent ceux qui les font. Si la France n'est pas totalitaire, ce n'est donc pas en raison de l'organisation des pouvoirs, mais parce que la volonté politique n'y est pas. D'ailleurs, pourquoi en faire un État totalitaire, puisqu'un individu et la caste qu'il sert peuvent tranquillement gouverner ce pays en vue de leurs seuls bénéfices en ignorant le peuple, ou en lui distribuant, à l'occasion, tantôt les miettes tombant de la table, tantôt des coups de matraque ? Le maître qui tient son chien en laisse peut non seulement décider d'allonger celle-ci ou de la raccourcir, mais aussi se montrer plus ou moins « bon » avec son animal politique devenu domestique. La réforme des retraites menée par le Président Macron contre la volonté de la majorité des Français en recourant à l'article 49.3 de la Constitution ne fait que confirmer le gouvernement antidémocratique de la France, et ceci indépendamment du fait que cette réforme soit pertinente ou non. Le recours à l'article 49.3 est devenu habituel depuis. Emmanuel Macron a été réélu en 2022 avec 38,52 % des inscrits, et sa majorité à l'Assemblée n'était que relative. Il a pourtant pu faire adopter la réforme des retraites par le 49.3. Si des contre-pouvoirs existent, leur action est limitée.
Mais ce qui nous intéresse en l'occurrence, ce sont les médias qui se relaient, avec leurs experts en toutes matières, pour essayer de nous convaincre que le recours à l'article 49.3 est démocratique en prenant comme argument la conformité à la constitution du recours audit article. La France serait donc une démocratie parce que la suspension de la démocratie est prévue par la Constitution. Mais le fait même qu'il faille réduire au silence d'éventuels contre-pouvoirs est plutôt une bonne nouvelle, car cela veut dire qu'ils existent et que le dictateur est obligé de resserrer ses rangs.
Quant à la Première ministre, déclarant que "Le 49.3 n'est pas l'invention d'un dictateur, mais le choix profondément démocrate qu'a fait le général de Gaulle et qu'a approuvé le peuple français", il s'agit là encore d'un désaveu. On sait que les Français ont plus voté pour la personne de Charles de Gaulle que pour la constitution de 1958. N'empêche qu'un dictateur, même élu, reste un dictateur. Le peuple se donnant un dictateur, se donnant au dictateur, est l'illustration d'un lien pervers prenant modèle sur le masochisme. Quant à de Gaulle, renouant avec le symbole du "dictator" romain, il se voyait sans doute plus sûrement comme un "imperator" plébiscité par ses troupes. Nombreux sont ceux qui associent démocratie et liberté, allant parfois jusqu'à employer ces mots comme s'il s'agissait de deux synonymes. C'est là l'impact des discours médiatiques qui se réfèrent à une liste convenue de régimes politiques qu'ils se doivent de qualifier, soit de totalitaires, avec, au premier chef, la Chine et la Russie, soit de dictatures, comme certains pays arabes, soit encore de démocraties, c'est-à-dire nous, les "gentils", l'Occident. L'argumentation repose alors sur le degré de liberté dont jouissent les habitants. Et effectivement, il n'est pas insensé de considérer que nous sommes plus libres que les Chinois ou les Saoudiens, cela même si notre liberté est toute relative.
Mais voilà, le concept de liberté ne se confond pas avec celui de démocratie : ils renvoient à des réalités différentes, bien que liées. Le terme de démocratie désigne un mode de gouvernement, un régime politique, alors que celui de liberté caractérise certains aspects du fonctionnement sociétal. Ce qui compte pour beaucoup, plus que le catalogue des libertés et des interdits, des droits et des devoirs, c'est le sentiment de liberté, la perception subjective qu'ils ont de leur situation. C'est bien pourquoi l'un des effets des médias peut être de nous convaincre que nous sommes libres, d'autant que nous ne demandons qu'à les croire. Mais, comme dit, il ne suffit pas de pouvoir exprimer des opinions différentes de la doxa sans se retrouver en prison pour faire de la France une démocratie. Cela pourrait être un début.
7) Dans la tradition du contrat social, une société démocratique repose sur un accord entre contractants égaux en droits. Comme tout contrat, il suppose un consentement éclairé, ce qui exclut la tromperie qui induit l'une des parties en erreur. Or ce à quoi nous assistons est éloigné de ce modèle : l'article 27 de la Constitution prive de toute force juridique les promesses faites aux électeurs, et la politique obéit trop souvent à une logique commerciale, où l'on vend sa camelote. La priorité de bien des élus est de se faire élire, puis réélire, de conquérir le pouvoir et de le conserver. Cet été 2021 nous livre une autre perle de la "démocratie française". Après des élections libres sous influence, nous découvrons, à l'occasion de la vaccination anti-Covid, le consentement éclairé sous contrainte. Donc les Français, pas tous, mais ceux qui sont hostiles à des vaccins qu’ils considèrent comme expérimentaux et non dépourvus d’effets secondaires potentiellement graves, se voient contraints, sous la pression de différentes menaces (6) émanant de l’État, de subir une vaccination qu’ils redoutent ou refusent, au nom de droits qu’ils s’imaginaient avoir, eux qui pensaient vivre au pays des Droits de l’Homme et du Citoyen, comme on le leur enseigne à l’école et dans les journaux. Quelle est la valeur d'un consentement extorqué sous la menace ? Sans doute aucune. En tout cas, pas plus que des élections sous contrainte mentale et morale comme nous les connaissons. La crise sanitaire nous montre les limites de l'État de droit. De fait, il est facile pour ceux qui disposent de la police et de l'armée (7) de suspendre pour une durée renouvelable droits et libertés, ou plus simplement de voter de nouvelles lois. Une des conséquences de la tentation totalitaire est que de plus en plus de citoyens s'interrogent et se refusent d'être les complices d'un système que rien ne semble pouvoir faire évoluer dans le carcan de la Constitution de 1958 et sans pouvoir de contrôle des électeurs sur l'action des élus. Cela s'est traduit par une abstention record aux élections régionales (66,1 %) et départementales (68,6 %) de juin 2021. Ne pas se laisser instrumentaliser par ceux qui détournent la démocratie pour ne satisfaire que leurs ambitions personnelles et défendre les intérêts des "copains" est devenu une question de dignité. C'est là que beaucoup se disent qu'au moins De Gaulle, auquel on doit cette fameuse constitution de 58, gouvernait dans l'intérêt de la France alors que ceux qui lui ont succédé n'ont eu d'autre but que leur enrichissement et leur petite gloire. C'est aussi l'inconvénient d'une classe politique, de professionnels qui se font élire par le peuple pour l'oublier, ensuite, jusqu'aux élections suivantes. La singularité de la position du pervers est de se définir comme étant l'un et l'autre, ceci et son contraire : homme et femme, mort et vivant, humain et animal, parent et amant de son enfant, etc. Dans le champ politique, nous sommes habitués à de tels désaveux de la différence, du "ni de gauche et ni de droite" au "de gauche et de droite", ou inversement (8). Ce même désaveu de la différence s'exprime dans le fait d'émettre des affirmations contradictoires. Nous en avons l'illustration à travers la vaccination anti-Covid qui est présentée par le pouvoir et les médias comme n'étant pas obligatoire, mais qui est faite sous la contrainte et les menaces de l'État, en tout cas pour ceux qui ne sont pas demandeurs. Le désaveu de la différence est une généralisation des concepts freudiens de désaveu de la castration maternelle et de clivage du moi. Une telle expérience se retrouve sans doute chez la plupart des jeunes enfants, sauf que certains semblent y rester fixés alors que d'autres la refoulent. Dans cette dernière hypothèse, celle du refoulement, le désaveu de la castration maternelle survit comme noyau pervers inconscient et alimente la quête d'un Autre phallique maternel, ou plutôt maternel et paternel, les deux en un, ce dont atteste le fantasme des parents combinés que l'on retrouve dans la théorie de Mélanie Klein. Le désaveu de la castration maternelle n'est alors qu'un cas particulier du désaveu de la différence et de ses effets de coupure, de séparation et de perte. Accéder à la différence des sexes, c'est se savoir être homme ou femme, "ou" exclusif qui interdit de se penser être les deux à la fois. Pour le Code civil, on naît de sexe masculin ou féminin en fonction de l'anatomie, même les hermaphrodites se retrouvent ainsi classés dans l'une ou l'autre de ces deux catégories. Ce n'est que dans la mesure où le sexe du nouveau-né ne peut pas être défini qu'il est possible de ne pas mentionner un sexe dans l'état civil en attendant que l'anatomie se précise (9). Mais comme dit précédemment, le désaveu de la différence dépasse largement la question de la différence des sexes, et peut prendre la forme du désaveu de la différence des générations, des espèces, du vivant et de la mort, du vrai et du faux, du bien et du mal, etc. C'est un clivage du moi qui vient permettre l'affirmation simultanée d'une chose et de son contraire, sans doute sur la base d'une perturbation de la séparation mère/enfant. Le noyau pervers ainsi défini se distingue donc de ce que l'on met habituellement sous les termes de perversion ou de perversité. De même, le désaveu de la différence est d'une tout autre nature que la forclusion du signifiant qui est une non-symbolisation de la différence, une in-différence. On aura compris que ce "l'un et l'autre" prend aussi le sens de "ni l'un ni l'autre", au-delà ou en deçà de la différence. Un personnage comme Hermann Goering, le dirigeant nazi qui a été étudié par une pléiade de psychiatres et de psychologues in vivo et post-mortem, illustre bien cette réalité : il se travestit pour cacher son asexuation : ni homme ni femme, il est voué aux plaisirs prégénitaux et à l'amour idéalisé pour des substituts maternels. D'un côté, il est le Reichsmarschall de Hitler et de l'autre il joue au train électrique dans sa résidence de Carinhall où il reçoit occasionnellement ses invités, vêtu d'une toge romaine, portant rouge à lèvres et vernis à ongles. De la même manière, il dit ne pas être antisémite tout en ayant participé activement à la politique de persécution des Juifs. Et évidemment il ne se sent pas coupable de ses crimes ou de ceux auxquels il s'est associé, et pense qu'il n'est pas un mauvais type du seul fait qu'il a promulgué des lois pour la protection des animaux. À ce stade, c'est la pensée elle-même qui est pervertie et non seulement la perception de la réalité. 8) Pour finir, disons un mot de la presse, présentée parfois comme étant un quatrième pouvoir. La concentration des médias entre les mains de quelques ultra-riches a réduit l'information à être essentiellement de la propagande au service d'un pouvoir à la solde des puissances d'argent qui font élire leur candidat comme ils vendraient n'importe quelle marchandise. Le problème essentiel que pose une dictature, c'est la personnalité du dictateur, ses ambitions et les objectifs de sa politique. Mais trouver un dictateur éclairé ne doit pas être chose facile dans le monde des professionnels de la politique, là où un "honnête homme" aurait toutes les chances de se faire croquer vivant. Tous les politiques ne sont pas forcément des Machiavel, mais pour Douglas Kelley, le psychiatre qui a soigné et expertisé les dirigeants nazis lors de leur détention à Mondorf-les-Bains puis pendant leur jugement à Nuremberg, ceux-ci n'étaient pas différents d'autres dirigeants, qu'ils soient politiques ou non. Il s'agit d'individus avides de pouvoir, intelligents, grands travailleurs, inaffectifs, manquant d'empathie et de sens moral. Mais peut-être que dans le monde du pouvoir, ces derniers traits de personnalité sont des qualités indispensables. On voit mal un enfant de chœur diriger un pays. Une autre question s'impose : quelles sont les motivations d'un individu à vouloir diriger un pays : jouir du pouvoir, vouloir la grandeur de son pays et le bien-être de ses habitants, être au service d'une idéologie ou d'intérêts particuliers ? Ou plus prosaïquement assurer l'enrichissement de ceux qui l'ont fait élire, pour en retirer le plus grand bénéfice après son quinquennat ? Bien sûr, on pourrait imaginer un dictateur idéal dont le seul but serait le Bien de la France et des Français, et ce dans le respect des lois et des libertés. Mais est-ce concevable dans ce que nous savons du contexte mondial actuel ? On peut en douter. Reste alors à trouver d'autres solutions, sachant que le danger est, pour nous, lié à la collusion entre pouvoirs exécutif et législatif dans le cas où la majorité des députés est issue du parti du Président de la République, mais aussi à des juges-fonctionnaires et à l'absence de référendum d'initiative populaire, législatif, révocatoire et abrogatoire. Les politiques français ont d'autres priorités que la défense de la démocratie. D'où cette France travestie (au sens où un homme peut se déguiser en femme et inversement). Nombreux sont ceux qui n'osent pas dévier des vérités que l'école leur a enseignées et que les médias leur ressassent quotidiennement : France démocratique, pays des libertés et des droits de l'Homme, etc. Comme dans une prière, ils récitent la leçon apprise qui leur apporte des réponses à des questions qu'ils ne se sont jamais posées. Remettre en cause ces dogmes relève pour eux du sacrilège et a valeur d'insulte. Leur vision de la réalité a été pervertie par une propagande qui dure depuis la Révolution, "l'instinct grégaire" et le conformisme, font le reste. Même si les Français vivent à genoux, se penser libres et égaux flatte leur ego. Il y a une dictature plus subtile que de priver un peuple de ses droits et de ses libertés, c'est de l'ignorer et de le condamner ainsi à l'inexistence. Et si jamais il lui venait à l'esprit de se révolter, resterait la solution de l'écraser : l'armement actuel le permettrait avec une grande facilité. Cette dictature a un nom, c'est la dictature libérale, celle que nous subissons au quotidien. Actuellement la France est une monocratie, autre nom pour une dictature, basée sur une répression forte. Rien d'étonnant à cela puisque la Constitution de 1958 a été rédigée pour un général appelé au pouvoir par les élus de la nation sous la menace d'un coup d'État militaire. Comme cela ne suffisait pas, ils ont voté les pleins pouvoirs au général de Gaulle comme ils l'avaient fait pour le maréchal Pétain en 1940. La menace avancée actuellement pour justifier cette dictature est l'épidémie de Covid, précédemment ce fut le terrorisme. Les états d'urgence qui se succèdent ne font que renforcer un pouvoir qui ne tient que par la violence, la complicité des élites, mais aussi par l'aptitude à la soumission d'un peuple plus préoccupé à consommer qu'à préserver le droit de toute personne de disposer de sa vie.
On voit que le ver est dans le fruit, ce dernier étant la Constitution de 1958. Ce ver, c’est le discours paradoxal d’une organisation sociétale étayée sur l’affirmation de la souveraineté populaire tout en organisant l’impossibilité pour le peuple d’exercer cette souveraineté. On connaît l’effet de sidération que produit le stratagème pervers sur l’homme ordinaire qui, face à un processus de déstructuration entraînant un conflit psychique et pouvant aboutir au clivage mental, ne peut qu’osciller entre soumission et révolte.
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1. https://www.lefigaro.fr/vox/politique/2015/01/22/31001-20150122ARTFIG00268-ce-que-signifie-vraiment-la-republique.php
2. https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/10/27/thomas-philippon-le-vrai-danger-c-est-quand-les-ultrariches-ont-un-poids-politique-demesure_6017096_3234.html
3. Smaïn Laacher, Cédric Terzi, "Un référendum sur l’immigration : une chimère plutôt qu’une solution", https://www.nouvelobs.com/opinions/20230919.OBS78360/un-referendum-sur-l-immigration-une-chimere-plutot-qu-une-solution.html
4. François Mitterrand, "Le coup d'État permanent", Plon 1964.
5. https://www.lefigaro.fr/politique/immigration-74-des-francais-rejettent-la-politique-du-gouvernement-selon-un-sondage-20230914
6. La suspension du contrat de travail sans rémunération pour les salariés sans pass sanitaire valide n'est pas la moindre des menaces. Mais c'est avec l'exclusion des "patients sans pass" des soins hospitaliers, sauf urgence, que l'on peut constater le nouveau monde dans lequel vivent les Français.
7. En 1848, à peine le suffrage universel proclamé, l'armée a écrasé les ouvriers parisiens qui réclamaient du travail ; en 1871, elle a massacré la Commune. Chaque fois, un régime qui se disait républicain a répondu à la révolte par la troupe, et le vote n'a rien pesé face à la rue. Depuis, la France s'est dotée d'une force à statut militaire pour ne plus engager l'armée elle-même, mais le principe demeure : en dernier ressort, le pouvoir dispose de la force.
8. https://www.rtl.fr/actu/politique/videos-macron-affirme-desormais-etre-de-droite-et-de-gauche-7787662882
9. "Une circulaire du 28 octobre 2011 relative aux règles particulières à divers actes de l’état civil relatifs à la naissance et à la filiation" préconise d’éviter la mention de "sexe indéterminé" lorsque le sexe de l’enfant est incertain et d’indiquer "le sexe qui apparaît le plus probable" au médecin. Cependant, lorsque ce dernier estime ne pas être en mesure de donner immédiatement une indication sur le sexe probable du nouveau-né, mais qu’il pourra le faire dans un délai de 2 ans, à l’issue de traitements appropriés, l’acte de naissance peut exceptionnellement ne pas mentionner le sexe de l’enfant. Il sera, par la suite, complété par décision judiciaire (Circ. 28 oct. 2011, NOR : JUSC1119808C). https://iej.univ-paris1.fr/openaccess/libertes-famille/lecon1/sect2/ii-mention-sexe-neutre/ |
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